« Rouge comme le ciel » est un très beau mélodrame, avec quelque chose en plus : c’est une histoire sur l’enfance. C’est l’histoire de Mirco qui, à la suite d’un accident domestique, devient aveugle. Selon la loi de
l’époque (le film se situe dans les années 70), Mirco doit intégrer l’école spéciale pour aveugles de Gênes. Il est loin de sa famille et entouré d’enfants non-voyants comme lui, mais certains le sont depuis la naissance, alors que Mirco se souvient des couleurs. Il les décrit à ses camarades et il leur parle de cinéma, sa passion. La scène où il assiste à une séance avec ses nouveaux amis est une des plus émouvantes. Sa passion passe du virtuel au réel quand Mirco découvre un vieux magnétophone sur lequel il peut enregistrer des sons, des voix, et raconter des histoires. Mirco sans le savoir trouve à ce moment là le moyen d’expression à sa créativité. Si tout cela ressemble à un beau conte, c’est en réalité une histoire vraie. Le film de Bortone est basé sur la vie de Mirco Mencacci, un des ingénieurs du son les plus talentueux du cinéma italien. Les comédiens du film sont des enfants aveugles et « Rouge comme le ciel » est poignant. C’est le film qui a été le plus applaudi à la Fête internationale de Rome. Personne n’attendait Bortone sur ce genre de cinéma, lui, qui, il y a quelques années a signé le superbe et irrévérencieux documentaire sur la marijuana « L’herba proibita ». Il est formidable de découvrir que derrière ce documentariste pop se cache un réalisateur capable de faire des films pour le grand public ». L’unita - 19 octobre 2006