Pouvez-vous nous parler de la genèse du film ?
Entre Steak et Rubber, j’ai travaillé, pendant presque un an, sur le scénario d’un film qui s’intitule Réalité, un projet compliqué à monter. Alors entre-temps, on s’est dit, avec mon producteur, qu’on pourrait faire un film «express», à petit budget. Le personnage principal de Réalité est un réalisateur qui essaie de faire un film de science-fiction sur une invasion de cubes transparents. Je me suis dit : pourquoi ne pas faire ce film-là. Après quelques essais en images de synthèse, je me suis rendu compte que filmer du vide pour ensuite ajouter numériquement des éléments en post-production n’était pas vraiment mon truc. J’aime bien filmer du concret, de la vraie bêtise matérielle. Je pars souvent d’une vision, d’une pure expression visuelle. Depuis le début, je pensais à la possibilité de créer une tension avec un pneu qui roule lentement, qui recule et qui s’approche.