On dirait un cauchemar délirant. Pourtant c’est bien réel. C’est mon enfance. J’ai essayé de reconstituer fidèlement cet univers : ne pas faire du cinéma sur le cinéma, mais filmer des souvenirs. Dans ma mémoire, les images ne sont pas symétriques, clean et cinématographiques, mais brutales et insaisissables. Avec
Hélène Louvart, chef opérateur, nous nous sommes consacrés essentiellement à décadrer, à salir, à détruire. Brouiller les traces de l’écriture, de l’éclairage et de la mise en scène, donner l’impression d’être plongé sans préavis dans un monde chaotique, retrouver le regard surpris d’un enfant qui court avant de savoir où il va.