Un film d'
Issa Traoré De Brahima avec
Amadou Gourou,
Pousson Lionel Bado,
Mama Sylla et
Abdoulaye Alain Traoré.
SYNOPSIS :
L'instituteur du village avait fusillé le boa sacré et l'esprit du boa l'a tué à son tour. Son père, le gouverneur, pense à un meurtre : comment l'esprit d'un animal peut-il punir son assassin ?
Le gouverneur attend de venger la mort de son fils. La route lui en donne l'occasion. Elle passera par le bois sacré où habite Djinnaba, le dieu protecteur de Wouroubono. Les autochtones du village s'opposent à la construction de la route et abattent alors un ouvrier du chantier. Le chef du village et le prêtre du bois sacré, considérés comme responsables de cette mort, sont arrêtés et emprisonnés.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Il était une fois un film mélangeant quête spirituelle, mysticisme fantastique et violence moderne. Un pari plutôt ambitieux que le réalisateur ne réussit malheureusement qu'à moitié.
Ainsi, on peut être touché par le cheminement initiatique de Dokan, jeune garçon devant succéder à son grand père, le prêtre du culte de Djinnaba : son courage face aux épreuves, les responsabilités qui lui sont confiées… Quête d'autant plus belle qu'elle s'associe à une dimension onirique : elle passe aussi par ses rêves (il doit trouver avec son amie la statue de Djinnaba).
On peut également apprécier cette peinture réaliste représentant le choc des cultures entre la vie citadine et sa modernité (route, institutions étatiques, religion chrétienne…) et la vie des villages et leurs coutumes ancestrales empreintes de mysticisme et de surnaturel (culte de Djinnaba, le protecteur de la forêt de Wouroubono, égorgement de poulets, sorciers jettant des mauvais sorts…), combat dans lequel ce dernier va d'ailleurs sortir vainqueur.
On comprend aisément dès le début qu'
Issa Traoré De Brahima fustige, certes d'une manière louable, l'effet bulldozer de la vie moderne sur les communautés traditionnelles africaines, mais sa tendance à asséner cette idée par l'intermédiaire de scènes redondantes (les gens qui tentent de détruire la forêt échouent et meurent un à un…) diminue son effet. De la même manière, l'interprétation assez approximative et le rythme qui peine à certains moments contribuent à cette atténuation.
Il était une fois un film fait avec le cœur qui laissait entrevoir très nettement la volonté d'un réalisateur de montrer l'un des grands contrastes de son pays, le Burkina Faso… et ce, malgré quelques maladresses.
Valérie Berthoule
NOTE DE L'AUTEUR :
Les situations décrites dans ce film, sont puisées dans la réalité quotidienne de l'Afrique d'aujourd'hui où tradition et modernité se bousculent ou se combinent selon des lois incertaines défiant souvent toute approche scientifique : sociologie, anthropologie, éthnographie…
Le réel fonctionne avec le mythe et vice-versa. Aussi, mythe ou réalité l'imagination trouve toujours son répondant.
Siraba nous introduit dans le monde secret des cérémonies religieuses relevant de traditions parfois difficiles à comprendre parce que ses manifestations échappent à notre enseignement rationnel.
L'objectif étant de revisiter la richesse de l'univers culturel africain (pensée et philosophie),ce film devra faire rêver mais aussi inciter à réfléchir sur l'expression de comportements culturels qui s'inscrivent dans les relations des hommes avec le surnaturel.
Il reste aussi ouvert sur la diversité d'interprétations qui font partie quelles que soient nos propres croyances, d'un patrimoine commun, universel.
Issa Traoré De Brahima
FICHE ARTISTIQUE :
Amadou Gourou : Le Gouverneur
Pousson Lionel Bado : Dokan
Mama Sylla : Somafing
Abdoulaye Alain Traoré : Julien
Célestin Zongo et
Djénèbou Dao : Les Parents de Julien
Alassane Dakissaga : L'Abbé Robert
Albert Bilgho : Le Directeur de la prison
Abdoulaye Komboudry : Alain
Joseph Traoré : Le Général
Joséphine Traoré : La Grand-mère
Koro Madiara Traoré : Saran
Lassina Gninassé : Le Devin
Mamadou Zerbo : Le Chef du village
FICHE TECHNIQUE :
Réalisation :
Issa Traoré De Brahima
Scénario :
Issa Traoré De Brahima
Production : Sahélis Productions, Productions de la Lanterne
Producteurs :
Sékou Traoré,
Claude Gilaizeau
Distribution : Orisha Distribution
Musique :
Bassirou Sanou
Montage :
Zoe Durouchoux
Production :
Sékou Traoré et
Claude Gilaizeau
Co-production : Sahélis – La Lanterne – DCN - TNB
Image :
Robert Millié
Son :
Issa Traoré Senior
Musique :
Bassirou Sanou
Montage : Zoë Durouchoux
L'AVIS DE LA PRESSE :
Première :
" Il était une fois un fossé culturel trop grand pour qu’un journaliste occidental s’implique dans ce qui apparaît davantage comme un film de patronage qu’un objet cinématographique. Cela dit, s’ouvrir l’esprit ne fait de mal à personne. Et le dépaysement est garanti… "
Nicolas Schaller (article entier disponible dans
Première n°316, page 42)
Télérama :
" (…) Le sempiternel dialogue de sourds que le réalisateur met en scène illustre la difficulté pour le cinéma africain à dépasser cette fatalité scénaristique qu’est l’opposition entre tradition et modernité. "
L.G (article entier disponible sur le site de
Télérama)
CinéLive:
" Un film dont l’innocence recherchée finit par se désagréger au contact de l’actualité religieuse et politique africaine. "
Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Cinélive n°69, page 76)