Vous pensez que
Source Code est un énième thriller blockbuster sans intérêt devant lequel vous allez vous lasser de revoir la même en scène en boucle à la
Angles D'Attaque ? Que vous n’allez rien comprendre au délire scientifico-militaire du scénario ? Qu’il s’agit encore d’un film manichéen où les gentils et les méchants sont toujours les mêmes ? Eh bien jetez tous vos à priori et installez-vous vite devant
Source Code.
Duncan Jones le réalisateur et
Ben Ripley le scénariste, ne s’embourbent à aucun moment dans des explications tirées par les cheveux sur le « pourquoi du comment » du fameux code source. Ils ne nous livrent que petit à petit le strict minimum dont nous avons besoin pour nous plonger dans cette histoire sans être perdus.
L’accent est clairement mis sur le personnage de Colter Stevens, interprété par un
Jake Gyllenhaal égal à lui-même (c’est-à-dire irréprochable) ; et la façon dont il vit cette délicate mission dans laquelle il est plongé malgré lui. Ainsi, il est prisonnier de l’armée qu’il s’était engagé à servir, prisonnier d’un corps qui n’est pas le sien et d’une réalité parallèle limitée dans le temps, prisonnier de son propre corps même puisque seule une partie de son cerveau reliée à des machines le retient encore en vie. Puisqu’il est déjà mort (ou presque) dans la réalité, il va décider, avec la complicité de Goodwin (
Vera Farmiga, sobre et touchante), de sauver Christina, la jeune femme qu’il découvre un peu plus à chaque code source, et de rester avec elle dans cette réalité parallèle.

Mais, ces allers-retours dans le train ne sont pas uniquement des speed-datings mouvementés de huit minutes, notre homme a tout de même une certaine conscience professionnelle (peut-être en a-t-il aussi un peu marre de toutes ces explosions) le but étant quand même de trouver la ou les bombe(s) et celui qui se cache derrière tout ça. Chaque code source voit Colter utiliser une technique différente et améliorée grâce à ce qu’il a appris la fois précédente. On ne voit donc jamais la même scène puisqu’il se comporte différemment à chaque fois. Un procédé qui permet d’entretenir le rythme ainsi que le suspens sans en abuser, d’ajouter quelques petites pointes d’humour, jusqu’à ce que l’on sache enfin qui est le terroriste. Et là, (bonne) surprise, le gros méchant qui fait tout péter… est un citoyen américain lambda, patriotique (une de ses bombes est « joliment » décoré aux couleurs du drapeau us), qui en a « juste » assez de ce monde « satanique » et qui pense qu’on pourra « renaître des décombres » pourvu qu’il y ait des décombres. Le film ne prend pas part à l’obsession américaine autour d’Al Qaida un peu trop présente à Hollywood, et c’est tant mieux.
Duncan Jones contourne ainsi les écueils que présentent ce genre de films et nous offre un long-métrage juste sur les dérives d’une expérimentation militaire et la question du libre-arbitre. Le tout avec une petite dose de romance, d’humour et de spontanéité.
Julie Aït-Messaoud