Et dire qu’il y a quelques années, imaginer sur grand écran un super héros volant au secours de la veuve et de l’orphelin en costume moulant, ça ne pouvait prêter qu’à sourire ou de mauvais quolibets. Et pourtant. Superman avait ouvert la brêche… Les X-Men ont pris la suite. Qui aurait cru qu’aujourd’hui, le troisième volet de Spider-Man serait l’un des films les plus attendus de 2007… ! Et que les super héros feraient la queue pour voir leurs aventures (re)adaptées au ciné, Hulk, Wolverine, Thor, le Surfeur d’Argent, Captain America. Constat assez amusant… D’autant que le troisième volet des XMen, abandonnés par leur papa, se perdaient dans les rayons X il y a quelques temps. Alors, lorsque défile sur l’écran le célèbre générique Marvel, que se lance la musique de
Danny Elfman, il y a forcément ce petit pincement au ventre. Surtout lorsque le deuxième opus des aventures de Spidey avait parfois un peu déçu des fans en manque d’action virevoltante.
Et là… Bam. On oublie le pincement au ventre, on oublie les petites appréhensions, on oublie la salle de ciné. Et l’on se jette à corps perdus dans les bras de Spider-Man. Car si l’homme-araignée sauveur-de-l’-Amérique-de-New-York-et-toute-la-planète du deuxième volet avait de quoi mettre mal à l’aise,
Spider-Man qui tombe du côté obscur de la Force, ça vaut le détour. Tout simplement parce que les effets visuels sont carrément impressionnants, la belle brochette de (jeunes) comédiens tout bonnement sublimes, les personnages - principaux comme secondaires - profonds et bien écrits, l’homme-araignée bien plus sombre, le scénario bourré d’humour et de second degré, la mise en scène bluffante…
Et oui, difficile de faire plus grand public que ce
Spider-Man 3. Ados, jeunes filles, groupies, fans (de ciné ou de Spidey), y’en a pour tout le monde – et à foison. Et l’on marche à deux cent pour cent.
2h15 à s’en prendre plein les oreilles, la tête, les yeux, le cerveau et le reste. Et à craquer devant la transformation titanesque de Sandman, ou le sourire si particulier de Venom… Des petits nouveaux violemment bien filmés, largement mis en avant, et qui réussissent presque à voler la vedette à Spidey. Le tout assaisonné, bien sûr, à la sauce
moralisatrice comme tout bon blockbuster américain pur souche qui se respecte… Mais là, encore, ça marche. Parce que
Sam Raimi a su trouver les images, les comédiens et les mots pour le faire.
Alors, certes, ce
Spider-Man 3 n’est peut-être pas parfait (ce fameux plan de Spidey devant le drapeau étoilé…), mais l’homme-araignée a de quoi pavaner, car il n’aurait pu rêver meilleur troisième volet. Mais si tout se concrétise comme il faut côté production… Comme la barre sera haute pour le quatrième !
Aurélie Maulard