Paris, 1977, Stella, fille de cafetiers, rentre dans un grand lycée parisien où elle n’est pas forcément à sa place. Première récré, premier crachat au visage d’un camarade qui voulait prendre le ballon de foot de la petite supportrice de l’équipe de Lens. Premier jour d’école, un œil au beurre noir et au moins une chose d’apprise : elle n’aime vraiment pas l’école.
Stella est une chronique de l’année de sixième d’une enfant, pas encore une vraie adolescente (même si ça va venir vite), qui se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie sachant que l’école ne lui plaît pas, qu’elle se sent inculte (ce qui n’est pas forcément faux), que ses rares bonnes notes lui sont octroyées en sport et en dessin et que les seules choses qui l’intéressent vraiment ne servent pas à grand chose...
La chance de Stella vient de sa rencontre avec Gladys, la déléguée de classe, bonne élève, qui va sans le vouloir pousser l’héroïne à faire des efforts, lire des classiques de Balzac tout en écoutant le dernier Bernard Lavilliers plein pot. Une BO composée de tubes de l’époque à base d’Eddy Mitchell, de Patrick Juvet et même d’Umberto Tozzi qui parviennent, bizarrement, malgré leur ringardise assez redoutable à instaurer une petite ambiance, une atmosphère, qui rendra sans doute nostalgiques les spectateurs plus âgés.
Petit à petit, Stella commence à s’intégrer, à concilier vie scolaire et vie familiale, compliquée par le fait que sa mère, la très bonne
Karole Rocher, trompe son père, incarné par un
Benjamin Biolay moins inspiré, la cigarette dans la main droite, le Ricard dans la main gauche pratiquement tout du long. Le vilain petit canard, le 50 Cent en herbe qui crachait sur ses camarades ou éclatait le visage d’une petite sur un radiateur devient, (malheureusement ?), une adolescente comme une autre qui tombe amoureux du premier ado à cheveux longs qui passe.
Le problème principal du film est qu’il nous raconte quelque chose de pas très original, le passage d’un âge à un autre, mais qu’il n’y a pas vraiment d’intrigue pour nous tenir en haleine. Bien sûr il y a plusieurs petites histoires, plusieurs personnages, dont un client à moitié pédophile et
Guillaume Depardieu en meilleur ami atypique, autour desquels gravite Stella dont la voix-off, un peu trop mature, nous met face au même problème que dans
Juno. Le personnage paraît un peu faux. Mais c’est en même temps ce qui fait son originalité…
Au final,
Stella est
un bon film, très mignon et assez cool, qui aurait tout de même pu profiter d’un léger resserrage de ses intrigues car malgré le capital sympathie de l’entreprise, le temps peut parfois sembler s’étirer et on finit comme Stella en cours, à chercher des distractions ailleurs…
Nicolas Laquerrière