Si l'on se contente du début de l'histoire, l'originalité est moyenne. Cet homme est cocasse parce qu'il est décalé de tout, parce que c'est un "loser" comme le cinéma (et les séries !) aiment tant mettre en scène ces derniers temps. Les flashs backs le montrent bien, Franck, c'était le petit pas très séduisant, timide, humilié, trompé au bal de promo... Il ne manque plus que les bagues sur les dents, les grosses lunettes et la chemise boutonnée très haut pour parfaire le cliché. Sans oublier la calculette.
Mais à partir du moment où il décide de se prendre en mains - et de tout massacrer sur son passage -
Super joue sur le politiquement pas du tout correct, et s'enflamme. C'est drôle, complètement fou, plutôt bien construit, trash, gore, et même touchant, critiquant de manière acerbe le "bien-pensant" de la société américaine, et mettant face à face les différents niveaux de la morale. Car sa méthode à lui, à ce Super Héros de pacotille, c'est de littéralement ouvrir le crâne de criminels avec une clé à molette. Et voilà que ce gentil garçon prend des allures de psychopathe pour la bonne cause.
Ellen Page, qui joue une employée d'une boutique de Comics devenue sa jeune acolyte (un peu comme le Robin de Batman mas en jupette), dérange vraiment. Malgré le talent de l'actrice, son personnage est totalement hystérique, assoiffé de violence et d'adrénaline, comme vivant dans un monde où pour arrêter le crime il faut le faire de manière sanglante et sauvage. Elle est dérangée et naïve à la fois, et le fait vite comprendre sans aucune subtilité. Plutôt effrayant.
Et pour la forme ? Au début du film, on aimerait que la caméra arrête de bouger un instant. Les effets spéciaux, eux, sont aussi absurdes que ce qu'ils illustrent, donnant au film un air de parodie surréaliste. Mais on pardonne, car c'est aussi cela qui fait le charme étrange des petites productions, se permettant de contraster totalement avec la soupape hollywoodienne habituelle. Et ça en revanche, c'est super, non ? Pardon, j'ai replongé.
Bruna Fernandez