Et de 3 !
The Dark Knight Rises, le troisième volet des aventures de Batman, conclue donc la trilogie made in Nolan du héros de comics masqué créé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger.
Le film se déroule huit ans après le précédant volet,
The Dark Knight, Le Chevalier Noir, dans la ville de Gotham où le calme est revenu après une période sombre. Batman a disparu, il s'est enfermé pendant huit ans dans son manoir, désireux de se faire oublier de la population de Gotham City après qu'il ait décidé de s'accuser de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent.
Affaibli et seul, le chevalier noir n'est plus que l'ombre de lui même, ayant pour seule compagnie son fidèle majordome Alfred.
Mais les choses ne vont pas durer… l'arrivée en ville d'une mystérieuse inconnue aux oreilles de chat (Selina Kyle) et d'un dangereux terroriste (Bane) vont obliger Bruce Wayne a revêtir sa tenue de combat ! C'est donc dans un costume flambant neuf que Batman retourne à Gotham City afin de rétablir l'ordre. Mais sa présence n'est pas vraiment bien vue…
Une suite à la hauteur
Christopher Nolan nous avait laissés avec des étoiles plein les yeux à la fin du précédent volet des aventures du Chevalier Noir, et c'est donc tout naturellement qu'on en attendait énormément (trop ?) de cette suite (et fin). Il faut dire qu'il avait mis le paquet avec
The Dark Knight, Le Chevalier Noir, à commencer par la prestation bluffante du regretté Heath Ledger dans le rôle du Joker, qui avait d'ailleurs reçu un Oscar à titre posthume.
Si cette suite ne dépasse pas le précédent, elle l'égale haut la main ! Le talent de
Christopher Nolan n'est plus à contester.
Inception, sorti en 2010, avait fini de mettre tout le monde d'accord. Sa réalisation est immense, dans tous les sens du terme : effets spéciaux, moyens humains et techniques, Nolan ne recule devant rien pour servir au mieux le propos de son film. Pour le plus grand plaisir du spectateur.
Les effets spéciaux sont à couper le souffle, en particulier dans la dernière partie du film où Gotham City est littéralement mise à feu et à sang par Bane et ses disciples. La palme revient sans conteste à la scène du terrain de football américain qui s'effondre sous les pieds des joueurs dans une séquence spectaculaire.
Ce qui fait la force de ce dernier volet est la vulnérabilité du héros qu'a choisi d'exploiter Nolan. On sentait déjà la dimension humaine de Batman dans ses précédents volets, mais dans celui là, il apparaît littéralement désabusé, brisé.
Au bord de la mort, il va, tel un phœnix, renaître de ses cendres et puiser sa force dans les tréfonds de son âme, qu'on pensait perdue à jamais, afin de mener à bien la mission qui est la sienne depuis le départ : protéger Gotham City et ses habitants.
Sam Mendes a d'ailleurs confié qu'il s'était très largement inspiré du film pour le personnage de James Bond dans
Skyfall.
Un casting 4 étoiles
La réussite du film ne tient pas seulement à la réalisation de
Christopher Nolan. Le réalisateur a également su s'entourer d'acteurs capables de transcender leurs personnages.
Il y a bien évidemment
Christian Bale, présent depuis le début, qui se surpasse dans ce dernier volet, permettant d'incarner brillamment le héros déchu. Mais il y a surtout
Tom Hardy, qui incarne à la perfection le (très) méchant Bane. Le défi n'était pourtant pas aisé pour l'acteur car tout le monde avait encore en mémoire l'interprétation magistrale de Heath Ledger dans le rôle du Joker, dernier ennemi en date de Batman. Il le relève pourtant haut la main, crevant l'écran à chacune de ses apparitions, reléguant souvent Batman au second plan.
Les seconds rôles sont également excellents :
Anne Hathaway dans le rôle de Selina Kyle / Catwoman apporte une touche de glamour au film sans pour autant jouer les potiches, puisqu'elle sauvera plusieurs fois la vie de Batman.
Joseph Gordon-levitt dans le rôle de Robin, jeune officier de police, et
Gary Oldman dans le rôle du commissaire James Gordon sont excellents.
Seule ombre au tableau :
Marion Cotillard. La frenchie ne convainc pas vraiment dans son rôle de Miranda Tate…
Une fin en demie teinte (SPOILERS!)
Si les 3/4 du film sont une vraie réussite, la fin est tout de même un peu décevante (il fallait bien un bémol !). Le personnage de Bane abdique un peu trop facilement, le twist avec le personnage de Miranda Tate est tiré par les cheveux et expédié en deux temps trois mouvements (la scène de mort de
Marion Cotillard est désormais devenue culte).
Le happy end arrive enfin comme un cheveu sur la soupe. Alors que le film semblait atteindre l'apogée de la noirceur avec le sacrifice de Batman, on apprend finalement qu'il est toujours vivant et qu'il coule des jours heureux avec Selina Kyle. Bref,
Christopher Nolan nous avait habitués à mieux en matière de conclusion !
Un conseil : éteignez votre TV 10 minutes avant le générique de fin, là où le film aurait dû s'arrêter pour finir en apothéose.
Chloé Valmary