Le corps d’une femme est trouvé, mutilé, et ce sont les vies de cinq autres qui vont en être bouleversées.
La mort pour la vie.
Difficile de trouver plus grave comme thématique. Pourtant, au-delà d’une vision binaire de la tragédie, et loin de ne s’attacher qu’aux seules répercussions d’une telle disparition,
Karen Moncrieff préfère en explorer les causes matérielles et psychologiques, en étudier les racines sociologiques ou en analyser les conséquences sur les (plus ou moins) proches.
Ainsi, ce n’est pas/plus le meurtre qui est le point de mire du film, mais la disparition d’un être social, familial et moral, réduit à un amas de chair muet et pourtant si parlant sur le malaise de notre violente société (notamment envers les individus les plus faibles que sont les femmes ou les enfants).
La
Dead Girl en question n’est plus la seule victime : elles le sont toutes. L’étrangère « séquestrée » par sa belle-mère, la sœur à l’enfance démolie, la compagne du tueur trop effrayée pour risquer sa routine et son confort, la mère désarmée face à la déchéance de sa fille, l’amante esseulée, la fille orpheline…
Toutes victimes d’une violence gratuite et irrationnelle qui n’a pour seul effet visible que d’effacer un nom.
Selon
Variety, Moncrieff ferait partie des 10 scénaristes américains à suivre. Après être passés sous son rouleau compresseur en cinq tableaux, difficile de dire le contraire : cinq univers, cinq plaidoyers, cinq tragédies, une existence détruite… mais d’innombrables ébranlées.
Tristement implacable.
Eléonore Guerra