Depuis quand n'a-t-on pas eu peur devant un film d'horreur ? Depuis la grande époque de
Tobe Hooper,
Sam Raimi,
George A. Romero,
Wes Craven ? Impossible à réellement quantifier - mais cela doit bien se compter en années. Car bien avant de se contenter de nous raconter ce que l'on a fait l'été dernier, le cinéma d'horreur jouait avec nos peurs les plus viscérales, nous prenait aux tripes et nous bloquait dans nos fauteuils, les yeux hypnotisés, les ongles enfoncés dans l'accoudoir ou le bras du voisin. Il y a longtemps, très longtemps. On croyait ce temps révolu… Et voilà que débarque
Neil Marshall, jeune cinéaste britannique, avec son histoire de jeunes filles coincées dans une grotte au cours d'une expédition spéléo. Sur papier, l'histoire peut faire sourire. Sur pellicule, beaucoup moins. Déjà parce que les six demoiselles ne sont pas des bimbos très légèrement vêtues mais des sportives - jolies certes, mais d'abord des femmes cherchant à repousser leurs limites physiques. Ensuite parce que la quasi intégralité de l'histoire se passe dans le noir, dans un endroit obscur, exigu, étouffant. Et enfin par ce que ce
Neil Marshall se présente d'hors et déjà comme un virtuose du genre.
The Descent est de ces films dont il ne faut rien savoir pour en profiter au maximum. La tension est là, bien présente - la peur aussi. Un sentiment étrange qui nous envahit petit à petit, parce qu'il fait noir, que l'on y voit rien, que tout est cruellement étroit. La claustrophobie se mêle à la paranoïa, aux visions, aux hallucinations, à cette sensation bizarre que l'on ne peut plus respirer sans s'étouffer. Jusqu'à sentir, comme elles, ce souffle derrière notre épaule… La tension monte peu à peu, le sang apparaît petit à petit, jusqu'à inonder l'écran par grandes giclées. Quand l'histoire bascule dans le fantastique, et les images dans l'ultra-gore, tout reste relativement crédible. Grâce à ses actrices irréprochables et une mise en scène à couper le souffle,
Neil Marshall nous a coincés dans sa grotte au milieu de nulle part. Et même si la fin nous laisse un peu sur la nôtre, de faim, l'énorme décharge d'adrénaline est telle que l'on ne peut que s'agenouiller devant cette nouvelle œuvre du cinéma d'horreur. L'affiche nous promettait une expérience unique - pour une fois, elle n'avait vraiment pas tort.
Un conseil, allez-y en pleine journée et accompagné… Car dans les profondeurs de la grotte, personne ne les entendra crier - mais du fond de votre siège de cinéma, tout le monde vous entendra hurler.
Aurélie Maulard