Afin de recréer l’atmosphère du Paris du début des années 30 tel qu’il est perçu par Hugo, un personnage de fiction,
Martin Scorsese s’est efforcé, selon ses termes, de « trouver le juste milieu entre mythe et réalité ». Il a fait appel à la documentaliste Marianne Bower. Celle-ci a pris soin de respecter l’authenticité de cette période, à l’aide de photographies, de documents et de films d’époque. Ses recherches se sont concentrées sur la période allant de 1925 à 1931. Les départements créatifs travaillant sur
Hugo Cabret ont ainsi étudié quelque 180 films de Georges Méliès, soit environ 13 heures de visionnage, ainsi que ceux de René Clair et Carol Reed, cinéastes d’avant-garde des années 20 et 30. Ils ont également visionné les films des frères Lumière et les films muets des années 20 afin de se familiariser avec le cachet des films de l’époque. Mais ces recherches ne se sont pas limitées aux films, les équipes ont aussi étudié les photographies de Brassaï (pseudonyme du photographe hongrois Gyula Halász qui a immortalisé le Paris de l’entre-deux-guerres) afin de s’imprégner de l’atmosphère des rues de Paris, du style vestimentaire et des attitudes des Parisiens. Bien que certaines scènes aient été tournées en extérieur, la majorité a été filmée en Angleterre, aux studios de Shepperton, où le chef décorateur
Dante Ferretti a dirigé la construction de l’univers d’Hugo. Les décorateurs ont ainsi reproduit une gare grandeur nature avec toutes ses boutiques ; l’immeuble de Georges Méliès ; son studio vitré ; un immeuble éventré ; la petite boutique d’un caviste entièrement achalandée, et enfin, un gigantesque cimetière avec ses monuments et ses cryptes. La gare, pièce maîtresse de ce conte, est un mélange de différents éléments architecturaux et de structures empruntés à plusieurs gares de l’époque, certaines d’ailleurs toujours en fonction, ce qui s’est révélé d’une grande aide pour ceux qui ont travaillé à sa création. Malheureusement, la gare Montparnasse a été détruite et entièrement reconstruite en 1969.
Martin Scorsese commente : « La gare d’Hugo est un amalgame de plusieurs gares parisiennes de l’époque. Par ailleurs, le Paris d’
Hugo Cabret ne prétend pas représenter la vérité historique de Paris en 1931,