À l’image du film de
Stephen Daldry, l’édition dvd de
The Reader est relativement dépouillée, ne proposant qu'un making of d’environ 30 minutes. Pourtant couronné d'un Oscar et n’ayant laissé aucun critique indifférent,
The Reader la joue donc relativement sobre.
On retrouve bien évidemment les témoignages de
Ralph Fiennes et
Kate Winslet, mais également celui de l’auteur du livre, Bernhard Schlink, qui apporte des indications précieuses à ceux qui comme moi n’avaient pas lu le livre. Si le film est assez pudique dans l’expression des sentiments, l’auteur n’est pas avare en explications et autres anecdotes à propos de la construction de
The Reader. Les témoignages s’entrecroisent pour notre plus grand plaisir et des informations manquantes ou que nous n’avions pas su saisir parachèvent ce petit bijou cinématographique, dans lequel
Kate Winslet crève l’ecran, nous crève le cœur et rafle enfin l’Oscar.
D’aucuns diront pourtant que
The Reader est une histoire aussi simpliste que l’est sa mise en scène. Bien souvent, la marque d’un bon scénario est justement qu’il paraît simple. Mais ce film contient de très grandes choses, et c’est là toute sa beauté. Les émotions et les histoires sous-jacentes sont vraiment fortes et le sentiment que cela provoque est bouleversant. Bien loin des personnages trop souvent manichéens qui incarnent ce genre d’histoire, Hanna Schmitz suscite en nous une certaine empathie et nous plonge dans un profond malaise. Comment peut-on un moment éprouver un quelconque sentiment pour cette ancienne S.S, autre que de la haine ?
The Reader se garde pourtant bien de juger de manière péremptoire les personnages. Le film ne nous demande pas de comprendre Hanna, encore moins de l’absoudre mais de suivre le chemin de Michael pour essayer de mieux appréhender celle-ci.
On regrettera toutefois de ne pas avoir de témoignages de survivants, anciens S.S ou déportés, ni d’images d’archives. Tenter d’explorer et de comprendre les atrocités nazies est une entreprise dangereuse et explosive, car on peut en effet, sans le vouloir, dépasser certaines limites. Lorsque l’on sait le tollé qu’ a provoqué ce film lors de sa sortie en salle, taxé d’antisémitisme tant par
Le Monde que
The New Yorker, Il aurait été intéressant de savoir comment il a été reçu par les principaux concernés.
Un dvd qui prendra place aux côtés des grands classiques sur notre étagère.
Cyril Lagnien