Quand avez-vous eu l’idée de The We and the I ?
Il y a plus de vingt-cinq ans. Je prenais le bus 80, à Paris, et je suis tombé sur une vingtaine d’écoliers qui sont montés au même arrêt à la sortie du lycée. Comme ils repartaient
un à un à des stations différentes, leurs conversations et leur attitude changeaient en fonction du nombre d’individus. J’avais un peu mis cette idée en pratique - mais sans dialogues - dans un clip pour Amina. L’effet de groupe m’a toujours intrigué, parce que moi je ne me suis jamais senti appartenir à aucun groupe. De l’extérieur, je pouvais voir des gens dont la personnalité changeait selon qu’ils étaient en groupe ou seuls. Cela me paraissait étrange, alors que chez nous, on se disait sans cesse qu’il fallait être soi-même. Être naturel était une qualité que l’on prisait.