Comment est né THÉRÈSE DESQUEYROUX?
Après deux ou trois films chacun de notre côté,
Yves Marmion, qui avait déjà produit
Un Secret, d’après Philippe Grimbert, avait envie que nous fassions un Mauriac ensemble. Il pensait au « Désert de l’amour » mais c’était un livre que je n’aimais pas beaucoup ‐ je le trouvais désuet et l’argument ne m’intéressait pas. Etudiant, un roman, en revanche, m’avait beaucoup marqué : « Thérèse Desqueyroux ». Je l’ai relu. Tout ce que j’aime au cinéma était là : il y a dans
Thérèse Desqueyroux un climat d’ambiguïté qui exige du spectateur un travail pour rentrer dans le film. Mais avant de penser à l’adaptation, il me fallait penser à l’actrice qui interprèterait Thérèse. Jacqueline, ma costumière, avait commencé un lutin pour me montrer comment les gens étaient habillés à cette époque et il y avait dans sa documentation ce portrait extraordinaire d’Audrey. C’était exactement l’idée que je me faisais de Thérèse.