L’entrée dans l’âge adulte est au centre de nos préoccupations. Si de nombreux réalisateurs ont essayé de traiter ce sujet, rares sont ceux qui ont réussi à retranscrire de manière réaliste tous ces chamboulements qui interviennent à l’adolescence. Michel Cuesta l’a fait ! Sa réussite tient en ce qu’il a arrosé son film d’un lyrisme absolu sans dénaturer le propos.
12 and Holding nous offre un aller-retour pour l’âge des découvertes, mais surtout pour celui de la détérioration de notre candeur.
Jacob, Malee et Leonard sont trois amis de 12 ans qui ont dit adieu à leur insouciance le jour où le frère jumeau de Jacob a trouvé la mort. Incompris ou délaissés par des parents trop désorientés pour les aider, les gamins ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour faire face à la perte d’un être cher et à tous ces nouveaux sentiments qui les accablent. Jacob, introverti, complexé par une tare physique pense que ses parents auraient préféré qu’il meure à la place de son frère. Malee, fillette précoce dont le papa a quitté le foyer, tombe éperdument amoureuse d’un homme de 35 ans. Leonard, enfant issu d’une famille d’obèses est le seul à s’inquiéter de sa surcharge pondérale.
L’obésité, les familles uni-parentales, le deuil, l’enfance volée sont autant de thèmes ancrés dans la réalité sociale que
Michael Cuesta traite avec sensibilité et justesse. Le réalisateur embrasse une vaste palette de problématiques et de sentiments - mal-être physique, déception, vengeance, haine, amour –, si bien que chaque spectateur peut s’identifier à un ou plusieurs personnages. L’humour salvateur dans ce genre de drames, les interprétations toujours nuancées, la bande originale rythmée et emplie de nostalgie ainsi que les beaux plans intimistes font de ce film un objet à voir même si ce n’est pas toujours agréable de replonger dans cette période de notre vie.
Gwendoline Jamesse