Buenos Aires, 1996. Pablo, jeune auteur en herbe, est homosexuel, séropositif et adepte des plaisirs sado-masochistes. Le cadre est posé. Nous sommes face à un ovni dans le paysage cinématographique.
Un ano sin amor, adaptation du roman autobiographique de
Pablo Perez, est le premier long-métrage de la réalisatrice
Anahi Berneri.
La jeune cinéaste présente une année de la vie du protagoniste, ponctuée de visites en milieu hospitalier et dans les endroits - glauques - SM. Ce dernier, à la recherche de l'amour, écume les petites annonces et s'adonne à ses fantasmes « particuliers » afin d'oublier sa maladie et la mort qui plane sur lui comme une épée de Damoclès. Durant ces pratiques sexuelles, le héros peut dès lors contrôler son corps et ainsi vaincre ses peurs.
Il peut paraître difficile pour le spectateur lambda de comprendre - sans juger ! - et de ne pas être choqué par la violence de certaines scènes… Scènes que nous pouvons légitimement estimer trop nombreuses et pas toujours justifiées et qui, par moments, frôlent la caricature. Mais il ne s'agit pas ici de voyeurisme gratuit. Au contraire,
Anahi Berneri semble avoir voulu retranscrire avec le plus de véracité possible le quotidien de Pablo.
Âmes sensibles s'abstenir…
Fanny Cairon