Paris, 1910, la ville a les pieds dans l’eau. Pour arranger les choses, une étrange puce géante - pour faire dans l’original - terrifie la Capitale. Le timide Emile (
Sébastien Desjours) et le fantasque Raoul (
Gad Elmaleh), pourtant responsables de l’apparition de ce « monstre », se retrouvent embarqués dans la chasse à la bête. Une drôle de créature qui va croiser la route de Lucille (
Vanessa Paradis), la jolie chanteuse de cabaret…
« Elle sort de son lit, tellement sûre d’elle,
La Seine, la Seine, la Seine… »
Les quelques mots de cette ritournelle fredonnée par Lucille risquent fort de vous trotter dans la tête après avoir vu
Un Monstre à Paris. Car autant vous prévenir tout de suite : le principal atout du film de
Bibo Bergeron est sans nul doute sa bande-son signée par le cinéphile
Mathieu Chedid et son compère
Patrice Renson (une BO d'ailleurs nommée aux
César 2012). Nous referait-il le coup de
Les Triplettes De Belleville ? Pas loin. Guitare en bandoulière, textes sensibles et voix toujours aussi haut perchée, -M- se met au service de l’intrigue de Bergeron et offre à
Vanessa Paradis quelques petits morceaux au charme quasi imparable, dont le fameux
La Seine.
Au-delà de l’aspect musical – omniprésent – ambiance tantôt guinguette ou cabaret, tantôt bal(l)ade au clair de Lune,
Un Monstre à Paris surfe clairement sur la carte postale d’un Paris de la Belle Epoque. Figé dans un rêve nostalgique tout en aspirant à balayer le grand écran d’un souffle rocambolesque typique de cette période précédant la Grande Guerre (on pense à Arsène Lupin ou aux débuts de Fantômas), le premier long-métrage de
Bibo Bergeron peine quelque peu à trouver son rythme et souffre d’une animation pas toujours aboutie. Cependant les hommages appuyés à l’esthétique et la culture folle d’un siècle aujourd’hui bien révolu et l’énergie des acteurs (
François Cluzet - en préfet cinglé - en tête) réussissent à embarquer
Un Monstre à Paris dans une fraîcheur assez réjouissante. Ca fait toujours du bien.
Eléonore Guerra