UNE FEMME DE MENAGE, c’est une histoire déjà vue, celle d’un amour illusoire entre une jeune femme et un homme deux fois plus âgé, racontée avec un scénario des plus classique, au dénouement sans grande originalité. Le film est divisé en deux parties, déterminées par deux unités de lieu. La première se déroule à Paris, la seconde en Bretagne. Construction binaire là aussi assez traditionnelle, qui nous permet dans un premier temps de découvrir les personnages, puis de les voir évoluer dans un cadre différent.
Mais, par ses dialogues et sa mise en scène,
Claude Berri a su apporter une touche personnelle au film. Filmant avec la distance nécessaire et une certaine pudeur, on a parfois l’impression qu’il a posé sa caméra dans la vie de Jacques et Laura. Ainsi, le spectateur s’immisce dans leur quotidien sans pour autant se positionner en voyeur.
Cette mise en scène intéressante doit aussi beaucoup aux acteurs. Ainsi,
Jean-pierre Bacri réussit très bien à mettre en valeur les dialogues grâce à son excellente interprétation.
Emilie Dequenne faite preuve quant à elle d’un naturel extraordinaire en incarnant cette jeune femme de ménage faussement naïve. Le film réserve en outre quelques bonnes surprises dans les seconds rôles : Claire, la copine au cœur brisé, Ralph, l’ami breton aux peintures de gallinacés ou encore la brève – mais intéressante – apparition de
Catherine Breillat dans le rôle de Constance, l’ex-femme de Jacques.
Après LA DEBANDADE en 1999,
Claude Berri réussi avec UNE FEMME DE MENAGE à imposer son nouveau style, loin des grosses productions à la GERMINAL. Il nous offre ainsi un film sincère, fait de bons sentiments... mais pas trop ; un film où l’humour ressort avec une grande facilité de cette histoire finalement assez sombre.
Amélie Chauvet