Succès imparable lors du
61ème Festival International Du Film De Berlin 2011 (où il a raflé trois des principaux prix, dont
L’Ours d’Or), chouchou des critiques et du public lors de sa sortie en salles en juin dernier,
Une Séparation d’
Asghar Farhadi accumule les bonnes notes. Et c’est tout sauf une surprise lorsqu’on se (re)plonge dans ce drame psychologique diaboliquement magnétique.
On a beaucoup glosé sur l’origine du film (l’Iran), prêtant au long-métrage de nobles intentions politiques… Peut-être. Sûrement. Mais à vrai dire, l’essentiel est ailleurs. Car peu importe que ce couple en crise et embarqué dans un mauvais fait-divers s’appelle Nader et Simin ou Patrick et Chantal, seule compte la virtuosité bluffante avec laquelle le cinéaste bouscule perpétuellement son spectateur, baladant nos certitudes, brouillant notre empathie et distillant mensonges, non-dits et vérités au point de nous scotcher à son intrigue aussi complexe qu’efficace. Lancé par une scène d’ouverture magistrale et porté par une mise en scène maligne (déguisant la fiction de tous les apparats du documentaire),
Une Séparation nous piège de bout en bout. Et c’est loin de nous déplaire. Très loin.
Eléonore Guerra