Entre thriller, comédie de mœurs et satire sociale

Quand je parle du projet à des proches, la première question qu’ils me posent est : « c’est quel genre de film ? ». Et je me retrouve toujours un peu embarrassé pour répondre, car je ne voudrais pas réduire le film à un thriller, même si il en a toutes les caractéristiques. Le point commun entre beaucoup de polars, thrillers ou films noirs est qu’ils se servent d’une intrigue agréable au spectateur comme diversion pour raconter autre chose. C’est le cas ici. Le film propose en effet la radiographie, d’abord sur un ton léger, ensuite plus sombre et cynique, d’une famille qui nous semble au premier abord au-dessus de tout soupçon. L’arrivée d’un intrus va fissurer le bel ensemble et révéler les doutes, failles, regrets et obsessions de chacun de ses membres, ainsi que leurs secrets les plus intimes. Un drame va se nouer dans une fausse langueur pour aboutir à une conclusion glaçante : les liens sociaux et du sang, même irrationnels, priment toujours. Les chasseurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit, ils se transforment en proies, voire en jouets, pour ceux qui, unis, argentés et conscients de leur pouvoir et leurs privilèges, seront toujours les plus forts.