Un film de
Alain Guesnier avec
Laurent Lucas,
Julie Julien,
Marianne Basler...
SYNOPSIS :
Marie a 12 ans. Elle refuse d’aller en pension à la rentrée et s’enfuit de chez elle. François a 35 ans. Il débarque pour retrouver la femme de sa vie. Après cinq années passées en mer, François a le " mal de terre " et se retrouve vite en cavale. Son chemin va croiser celui de la jeune fugueuse à la recherche d'un monde sans mensonge... et d'un père adoptif.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Encore un simple film pour enfant ? Une énième leçon de morale du style écoutes tes parents, fais pas ci, fais pas ça, mais oui ma chérie les bébés naissent dans les choux ? Détrompez vous, VA PETITE ! n’est rien de tout ça. Je dirais même plus : ce n’est PAS DU TOUT ça. Évidemment, on ne pourra échapper à l’assimilation au conte de fée moderne de part les souhaits qui se réalisent quand on sert très fort les poings ou l’intervention d’une jolie princesse dépressive aux cheveux rouges. Mais avec ce voyage initiatique de deux éclopés à la recherche d’eux-mêmes, on s’approche plus d’
Un Monde Parfait que de
Bebe Part En Vadrouille.
VA PETITE !, c’est avant tout cette petite qui va, court, vole pour trouver sa voie et un papa. Une gamine moitié pot de colle, moitié tête de mule, curieuse de tout, les dents un peu en avant mais le regard perçant. Elle s’attache, elle s’arrête, elle rechigne. Elle veut comprendre le monde des grands, tiraillée entre la vie qu’elle mène et celle qu’elle voudrait déjà vivre.
Une petite
Julie Julien aux faux airs de Béatrice Dalle mais au vrai talent d’actrice, qui transperce littéralement l’écran, aux côtés d’un
Laurent Lucas dans un rôle inattendu mais qui lui va comme un gant. Troquant sa panoplie de tueur psychopathe un peu malsain qui lui colle à la peau (
Harry, Un Ami Qui Vous Veut Du Bien,
Qui A Tue Bambi ?) contre celle de François La poisse, il devient parfaitement ce grand blond sans chaussure noire, champion sur la mer, porte-malheur sur la Terre, qui traîne derrière lui son lot de mésaventures et de maladresses.
"Est-ce que tu crois en Dieu ?" "Est-ce que quelqu’un peut faire l’amour avec quelqu’un alors qu’il aime quelqu’un d’autre ?" "Est-ce que l’amour ça existe ?" Autant de questions posées par ce petit bout de femme au cours du film, autant de réponses apportées par des adultes souvent un peu perdus dans un monde trop grand pour eux. Les plus vieux sourient, les plus jeunes ouvrent grand leurs oreilles.
Alors qu’importe l’âge, on flotte, on s’enfuit, on s’envole avec eux dans leur formidable course-poursuite contre le temps et les hommes. Jusqu’à la fin, on s’attache à cette histoire aux allures de conte de fées, le sourire aux lèvres, les yeux pétillants de cette tendresse émanant du film. En sachant pertinemment que même si ce bonhomme n’a pas beaucoup de chance, il va bien s’en sortir. Parce que c’est comme ça, parce que c’est la fin obligée de ce genre de film.
Et bien détrompez-vous, parce qu’au lieu de suivre les conventions
Alain Guesnier donne un bon coup de pied dedans, comme pour dire
" tout ce que vous avez vu avant n’était qu’un interlude, un rêve, un conte de fées. Maintenant la vraie vie peut commencer. " On se sent un peu trahi, un peu déçu… Et puis on se dit que ce n’est peut-être pas plus mal.
Aurélie Maulard
L’AVIS DE LA PRESSE :
CinéLive:
"Sans prétention, gentiment philosophique dans la mesure du bouillonnement intérieur de la gamine, un tout petit film qui ravira les minots à soif de savoir."
article entier disponible dans Cinélive n°70, page 76)
Studio Magazine :
"La générosité de l’interprétation comme de la réalisation gomment les imperfections d’un scénario un peu puéril si on le regarde avec des yeux d’adulte. "
T.B. (article entier disponible dans Studio Magazine n°191, page 30)
Première :
" Le film est une cavale initiatique, un film pour enfants perclus de questions existentielles, qui accrocheront à cette fugue couronnée par une kyrielle de prix. Vous c’est moins sûr. D’autant que Laurent Lucas n’est pas toujours à son meilleur. "
S.G. (article entier disponible dans
Première n°317, page 40.)
Le Monde :
" On retrouve les schémas du cinéma contemporain, le road movie, la remise en cause de l'ordre social. Tout cela pourrait être terriblement ennuyeux si Alain Guesnier ne faisait preuve d'un réel talent de directeur d'acteur et d'un joli sens du récit. "
Thomas Sotinel (article entier disponible sur le site de
Le Monde)
ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR :
Comment vous est venue l’idée du scénario ?
Un jour que je rêvassais, ma fille m’a interpellé : "Papa, j’ai une idée pour ton prochain film ! C’est l’histoire d’un homme qui s’évade de prison où on l’a enfermé alors qu’il étai innocent. Poursuivi et blessé, il se réfugie dans le jardin d’une maison où vit une petite fille. Sans rien dire à ses parents, elle va le cacher, le soigner, lui apporter à manger et lui réapprendre à aimer et à vivre, parce qu’après tout ce qui lui est arrivé, il n’est plus capable d’amour. Tu ne trouves pas que c’est une bonne idée ?"
C’est de là que m’est venu l’envie de faire un film qui s’adresse directement à ma fille Léa et aux enfants de son âge.
Toutes les questions posées par Marie dans le film m’ont été posées par ma fille. Ce sont des questions toutes simples, sur la vie en général, que les enfants se posent en grandissant. (…) La famille est au cœur de VA PETITE ! : comment reconstituer une famille, une seconde mère, des demi-frères… Et de fait, le film parle d’amour, d’éclatement, de la vie, quoi !
Comment avez-vous choisi les acteurs ?
Quand
Laurent Lucas, père pour la seconde fois, a lu le scénario, il est tombé amoureux de l’histoire. Et malgré toutes les péripéties que nous avons rencontrées pour la production du film, il a toujours tout fait pour que nous allions, ensemble, au bout de cette aventure.
Pour le rôle de Marie, nous avons très vite oublié la filière habituelle des castings pour enfants pour nous tourner vers du casting sauvage : sorties d’école, radios jeunes, cours de danse…Chaque mercredi pendant deux mois, deux personnes ont rencontré 294 filles âgées de 11 à 13 ans. Quand est arrivée
Julie Julien, nous n’avons pas eu besoin de nous parler. Nous avions trouvé " notre " Marie. Pendant le tournage, tous ont été bluffés par le professionnalisme de Julie. A la dernière lecture du scénario, elle était la seule à le tenir fermé : elle était devenue la fille aux milles questions… Quand après uen semaine de tournage, elle s’est trompée pour la première fois sur son texte,
Laurent Lucas n’a pu s’empêcher de s’exclamer : " Ah quand même ! Ca fait du bien ! "
Où s’est déroulé le tournage ?
Le fait de tourner avec des enfants nécessite une logistique particulière… Nous avons tourné les scènes des champs et de la rivière pas loin de Paris, à côté du Parc Disney pendant quatre semaines. Et puis on est allé entre Boulogne-sur-mer et Calais pour les plans de bord de mer. Mais volontairement le film n’est pas situé. Je voulais qu’on reste dans le merveilleux, le conte moderne.
Comment a été accueilli le film ?
Le film a été présenté dans de nombreux festivals : Le Caire, Montréal, Toronto, à Cannes Junior… La réaction des enfants qui rient et trépignent me fait très plaisir. Ce film est un film qui leur ressemble avant tout. En fait, et c’est une de mes grandes satisfactions a posteriori, j’ai l’impression que Marie pose un tas de questions que les enfants en général n’osent formuler : l’amour, le couple, la religion, la mort, la sexualité…
Dans mon film, le passage à l’adolescence prend forme grâce à se voyage initiatique que font les deux personnages principaux. Nos deux hèros sont en fuite, pour des pacotilles, mais ils ont un but. Et c’est dans cette ambiance étrange qu’un adulte pourvu d’un regard d’enfant et un enfant pourvu d’un regard d’adulte vont profiter d’un échange mutuel.
FICHE ARTISTIQUE :
Laurent Lucas : François
Julie Julien : Marie
Marianne Basler : Simone
Jean-claude Drouot : Albert
Frédéric Pierrot : Paulo
Philippe Fretun : Le commissaire
Ysé Montserrat : Alice
Pierre Berriau : Le CRS
Loïc Devaux : Le banquier
Youness Boudache : Nordine
FICHE TECHNIQUE :
Réalisation :
Alain Guesnier
Scénario :
Alain Guesnier,
Ricardo Montserrat et
Valérie Duval
Producteurs :
Gilles Sandoz,
Alain Guesnier et
Hubert Toint
Production : Agora Film, Saga Film, la R.T.B.F. avec le soutien de Wallimage
Image :
Steven Gruen
Son :
Pierre Mertens
Musique :
Ivan Georgiev
Directeur de production :
Nadia Belali
Montage :
Denise Vindevogel,
Frédéric Broos