Un film de
Frédéric Videau, avec
Hélène Fillières,
Gérard Meylan,
Frédéric Videau
SYNOPSIS :
Eric, 25 ans, revient dans sa ville natale pour se marier avec Edith. Un bel été, une femme qu’il aime, un beau mariage : tout est en place pour que la fête soit réussie. Mais la mère et le frère d’Eric disparaissent et son père reste imperturbable…
L’AVIS DE LA REDACTION
Derrière ce titre intrigant se cache un film singulier. Alternant légèreté empruntée à la comédie sentimentale et intrigue tragique mâtinée de peinture sociale, il se veut inclassable, comme la variété serait un genre par défaut. On pourrait redouter que la revendication de cette identité ne s’impose systématiquement de manière artificielle.
Mais, on se laisse emporter par le récit sans résister. L’écriture qui veut se libérer de tout un carcan de conventions reste précise. On décèle un goût certain pour le jeu des comédiens et pour une mise en scène appuyée, qui permet aussi aux sentiments de se déployer avec sincérité.
Alors qu’un drame a eu lieu, le regard reste pudique et les situations cocasses ne sont, curieusement, jamais très loin. Une pointe d’humour peut surgir de façon naturelle sans que cela ne semble gratuit. Pourtant, on est au cœur de l’intimité du personnage d’Éric, dont on mesure progressivement toute l’ambiguïté. Si les thèmes de la culpabilité, de la complicité et des mobiles sont ici évoqués en filigrane, ce n’est pas là où a priori on serait tenté de les attendre en présence de disparitions suspectes et d’un père que tout accable. Car c’est aussi dans son caractère imprévisible que réside le ressort de ce film, qui parvient à faire en sorte que cela ne soit pas toujours dénué de sens, évitant ainsi de devenir un simple exercice de style.
Ce premier long-métrage de
Frédéric Videau recèle un charme discret mais bien réel.
Mavo RANAIVO
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio Magazine :
"Hélas, le cinéaste s'embrouille dans sa narration et abuse des ellipses, ce qui rend l'ensemble indéchiffrable. Le résultat est à la limite de l'ennui, malgré un casting chevronné (…)."
S.B. (article entier disponible dans Studio Magazine n°194, page 62.)
Première :
"Dans cet univers trop bizarrement familier pour être honnête, les héros discutables sont constamment assaillis de doutes perturbants concernant leur place dans le monde et leur identité."
O.D.B. (article entier disponible dans
Première n°321, page 56.)
Les Cahiers du cinéma :
"Le film décline jusqu'à l'obsession le vacillement discret de celui qui, littéralement, ne sait comment entrer dans le plan ni, surtout y rester."
Elizabeth Lequeret (article entier disponible dans
Les cahiers du cinéma n°584, page 26.)
Télérama :
"C'est du cinéma de peu d'effets et d'ambition pas mince, puisqu'il faut à chaque instant défier l'ordinaire de ce qui est montré - tâche dont le réalisateur laisse une part au spectateur."
François Gorin (article entier disponible sur le site de
Télérama)
Chronic’art :
"Dommage alors que le caractère guindé de la forme (…), et par endroit un forcing démonstratif (personnages parfois chargés) empêchent le film d’accéder véritablement à la folie et au désastre d’un réel trop sage pour être honnête."
Jean Sébastien Chauvin (article entier disponible sur le site de
Chronic’art)
Libération :
"Du coup, variété ici ne rime pas avec variétoche mais plutôt avec toutes sortes d'assiettes variées : le film tient du mezzé libanais ou, Videau ayant le type italien, de l'assiette d'antipasti narrative."
Philippe Azoury (article entier disponible sur le site de
Libération)
Aden, Le Monde :
"Variété française, à l'instar de ses personnages, n'est donc jamais là où on l'attend, et réussit l'exploit de conjuguer, entre comédie de remariage et film d'apprentissage, le doux unisson d'un air populaire à l'épreuve amère du cloisonnement social."
(article entier disponible sur le site du
Monde)
PROPOS DE FREDERIC VIDEAU :
Rêve éveillé : un film fantastique
Eric veut se persuader un temps que ce qu’il a vu était un rêve, et c’est la ville tout entière qui devient un rêve éveillé. Du coup, VARIETE FRANCAISE n’est pas un film onirique au sens où il dirait : " attention rêve, attention réalité ". Les deux sont indissolublement liés.
Un espace mental
Je voulais suivre Eric dans une ville qui ressemble à un jeu vidéo : le décor est suffisamment sommaire pour que tu puisses prendre n’importe quelle direction. Et à chaque fois que tu prends une direction, à chaque fois, ça s’habite. C’est-à-dire que la ville se construit et se déconstruit au fur et à mesure de la progression du personnage. Les décors sont frontaux et géométriques, assez schématiques : un escalier, des rues, et Eric fait les mêmes gestes partout. Aussi élaboré soit-il, il y a toujours quelques raideurs dans un jeu virtuel : j’ai essayé de retrouver ce genre de dépliement mental des décors.
Le château du père : un trou noir
Au moment des repérages, j’avais dit à la personne chargée de trouver la maison en chantier : " Il faut une maison qui ressemble au dernier rêve d’un homme épuisé ", une chose gigantesque. La mère parle d’un " château "…
Tout converge vers ce lieu ultime et abstrait, ce trou noir, la maison en chantier. C’est d’ailleurs le seul lieu qu’on présente de l’extérieur. Dans les autres décors, on est d’emblée à l’intérieur. Il faut que le spectateur voit le rêve du père.
L’amour courtois
La parole amoureuse, pour moi, fait partie de la tentative d’approche ou d’appropriation du corps de l’autre, la façon dont la parole l’enveloppe, le séduit, comment tu t’insinues dans l’autre et l’autre en toi, comment tu te laisses caresser par l’autre… Quand je vois un film où le couple se jette l’un sur l’autre et que le réalisateur essaie de nous montrer que c’est pulsionnel et brutal, je n’y crois pas une seconde. En revanche, si l’un dit à l’autre de manière intrigante " Passe-moi le sel ", j’y crois. Du coup, j’ai travaillé les dialogues amoureux dans un registre presque médiéval, de poésie courtoise. Il fallait que je les fasse se tourner autour, prendre le temps. La première version du scénario était assez hot sur l’amour physique. Dans la dernière, il n’y a quasiment plus rien. Et cela peut pourtant être très sensuel… Dans une scène de nuit, on voit seulement le contour du visage d’
Hélène Fillières. Pour ma part, je trouve cela assez torride. Plus la fille est jolie, moins tu en montres, plus tu as envie de la voir, plus ton désir d’elle grandit. C’est mathématique. Je trouve Hélène sublime dans le film alors qu’on voit essentiellement d’elle son visage, son cou et sa ligne d’épaules.
Réalisateur de variété
Le titre du film est un cadre, un ornement. Quand il est venu, en cours d’écriture, j’ai eu l’impression d’avoir trouvé un grand sac qui réunissait toutes les hypothèses sur le film. Cela renvoie d’abord à la chanson, et je voyais le film comme une chanson : une alternance couplet-refrain. La variété a par ailleurs une capacité extraordinaire à assimiler tous les genres : une même chanson peut te ravir, te transporter et t’abattre absolument. Profondément je cherchais aussi cela : l’alternance de mouvements noirs et de comédies. Je voulais un film où ça varie à ce point là, qu’on soit brinquebalé d’un truc à l’autre.
La musique de Jacno
A la base j’ai seulement contacté
Jacno pour faire l’acteur. je savais que je voulais aussi lui demander de la musique mais je ne lui ai surtout pas dit. Je lui en ai seulement parlé une fois le film fini. Il m’a d’abord dit non. Et puis la discussion continue, il me dit qu’il a peut-être un truc, qu’il a fait il y a longtemps. Quelque temps après, il me l’a fait écouter au téléphone, sur un dictaphone. Ça m’a tout de suite plu et c’est devenu le thème de VARIETE FRANCAISE. Denis l’a retravaillé sans voir le film, il voulait seulement se servir de ce qu’il a vu et senti au tournage. Sa musique est comme le film : une chose guillerette qui tourne court, tourne au drame. Tout d’un coup, ça se crispe. Je voulais quelque chose qui revienne et soit entêtant, auquel tu ne peux pas échapper, comme, encore une fois, la variété : tu l’entends une fois et tu l’as dans la tête. Tu es même capable de la chanter même si tu n’en as pas envie. Ça te prend malgré toi.
Tuer le fils
Je ne dis pas qu’il faut tuer le père pour exister, faire mourir le père qui nous étouffe pour devenir soi-même. Ce que je dis, c’est presque le contraire : il faut tuer le fils en soi pour vivre. Il faut tuer ce qu’on a de déférence, de sujétion, presque de vassalité.
Etre le dernier : témoin et coupable
Le point de départ de mon film c’est ça : contre route attente un jeune homme qui vient de découvrir son frère et sa mère morts, au lieu d’aller à la police, se comporte de telle manière qu’on puisse raisonnablement penser qu’il est le coupable. Ensuite, j’ai cherché mon coupable. On ne savait d’abord clairement qui avait tué. Le père avait juste disparu. Comme quoi ce qui est à l’origine du projet, ce n’est pas le père, c’est vraiment l’attitude du fils. (…)
Eric n’est peut-être pas le vrai coupable, mais lui, en tous les cas, se sent coupable. Il est écrasé par l’idée d’être le dernier, le survivant. C’est une vraie question de cinéma : le coupable ce n’est pas forcément celui qui a commis l’acte, mais celui qui a vu.
FICHE ARTISTIQUE :
Hélène Fillières : Edith
Frédéric Videau : Eric
Gérard Meylan : le père
Jacno : le père d'Edith
Julie Bonan : Prisca
Alexis Nitzer : le grand-père d'Eric
Sarah Adler : Pascale
Jean-Jérôme Esposito : Alain
Lucrèce La Chenardière : la mère d’Eric
Avec la participation de
Dominique Reymond et de Liliane Rovère
FICHE TECHNIQUE :
Réalisateur :
Frédéric Videau
Scénariste :
Frédéric Videau
Compositeur :
Jacno
Directeur de la photographie :
Catherine Pujol
Monteur :
François Quiquere
Producteur :
Franck Le Witta
Production : Film oblige
Directeur de production : Jean-Christophe Cardineau