Un film de
Marie De Laubier, avec
Julie Depardieu,
Patrick Pineau, Thibault Patel, Hery Ranaivo Rajanoa.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Pour dire au revoir à Madagascar on dit "Véloma", qui veut dire "vis. Et Philippe, lui, il n’arrive plus vraiment à vivre, depuis qu’il est rentré de son tour du monde à voile en solitaire. Il ne parvient pas à retrouver sa vie d’avant, ses marques et sa place au sein du monde terrestre avec lequel il se trouve en décalage.
Il part alors seul en mer et est porté disparu. L’assurance le croit mort mais sa femme Lucie sent en elle, qu’il continue de vivre ailleurs.
Le film de
Marie De Laubier éveille les sens : la vue, avec les paysages sauvages de Madagascar, l’ouie, avec le flux et le reflux de cette mer obsédante et le toucher symbolisé par les retrouvailles de Lucie et de Philippe après une longue séparation.
Ici, on est dans les silences pour symboliser l’errance et l’incapacité d’un être à se réadapter à un quotidien qui lui échappe et ne parvient plus à le combler.
Lucie, jouée par la toujours très juste
Julie Depardieu, n’est pas une victime pleurnicharde, elle n’est ni dans l’attente du retour ni plongée dans les souvenirs. En un mot, elle a choisi la vie, sa vie et celle de son fils Vincent. Elle avance et même quand Philippe l’abandonne, elle ne chavire pas, et jamais ne se résigne, elle comprend et accepte une décision dure et compliquée. Sans culpabiliser l’autre, elle le laisse partir, sans regret et en allant de l’avant.
Le film n’est ni un alibi pour des scènes de violences extrêmes entre deux êtres qui se sont aimés et qui ne peuvent désormais plus s’aider, ni une accumulation de mièvreries "sirupeuses" et insipides. Il découvre simplement un juste milieu, avec des scènes de profondes tendresses, comme les rapports si vrais de Lucie et de son petit garçon qui ne sait jamais comment réagir face à une situation délicate. D’autres moments plus graves se passent de parole, et les regards perdus de Philippe totalement démuni résument une situation désespérée.
Reste le rôle drôle, de l’assureur, joué par Guy-Auguste Boleat, étonnant dans cette histoire qui le dépasse.
VELOMA est un film qui ne tombe jamais dans la sensiblerie mais qui émeut par le jeu subtil d’acteurs qui n’en font jamais trop.
Claire Salères
L’AVIS DE LA PRESSE :
Télérama :
" Peut-être la réalisatrice a-t-elle appris de Jacques Doillon (elle fut sa scripte du Petit Criminel à Ponette) l'art de filmer les enfants : le gamin, dont elle épie en gros plans les moindres gestes, les moindres intonations, est extraordinaire de vérité. Aucune sensiblerie dans sa manière de peindre les adultes : Lucie (Julie Depardieu, vraiment très bien) n'est pas une victime, ni une pleureuse."
Pierre Murat (article entier disponible sur le site de
Télérama)
Première :
" Avant, on appelait ça un film d’exploitation ; aujourd’hui, on appelle ça un "direct video", autrement dit une série B formatée pour un public spécifique qui dévore des films de genre devant des pizzas. Inutile de prendre des gants : le nouveau Walter Hill est raté (on appelle ça un euphémisme)."
C.N. (article entier disponible dans
Première n°305, page 46.)
Studio Magazine :
" Variation sur la disparition, le deuil, la folie des villes, l’appel du large, le mal de vivre et le mal de terre, VELOMA, de Marie De Laubier, est un petit film au charme brut, qui doit beaucoup à l’aisance et là la liberté de ton de Julie Depardieu en femme qui se bat contre ce deuil qu’elle refuse."
M.R. (article entier disponible dans Studio Magazine n°180, page 30)