Un film produit par
Kevin Williamson et mis en scène par le réalisateur de
Souviens Toi L’été Dernier qui échoue, qui plus est, directement dans les bacs, a priori, ça sent le sapin. On la voit d’ailleurs venir à des kilomètres la formule du teenage movie horrifique misant son va-tout sur l’autodérision et une rafale de clins d’œil bien appuyés. Et pourtant, en dépit d’un sujet casse gueule lorsqu’on connaît les zigotos à la tête du projet, en l’occurrence, le vaudou,
Venom se révèle être un petit slasher tout à fait fréquentable. Outre un manque d’hémoglobine évident, le film nous réserve ainsi son lot de démembrements, de blondinettes en bikini et de marais sordides. Quant au boogeyman putréfié qui joue du pied de biche, ça le fait plutôt d’autant qu’il a été contaminé par :
Des serpents dans une valise… Waouh, le concept de barjo, faudrait peut être le développer ?!
Enfin bref, le film tient non seulement la route et enterre largement le dernier Williamson (
Cursed), mais il se révèle être également d’une excellente facture visuelle. Ocre pour les scènes diurnes, bleutée pour celles nocturnes, la photographie exalte l’atmosphère mystique et moite du bayou, et bénéficie d’une solide exploitation du scope. Si les surrounds saturent lorsqu’elles sont fortement sollicitées, le 5.1 insuffle au long-métrage une tension palpable et joue habilement avec les codes acoustiques du genre.
Les suppléments assurent, enfin, le minimum syndicale avec un making of focalisant sur le vaudou et le bayou, ainsi que les essais des acteurs et une flopée de comparatifs film/storyboard sans intérêt graphique.
Bien plus recommandable que bon nombre de nanars distribués en salles,
Venom ne prétend certes pas à une distribution salles, la faute à une tête affiche peu vendeuse, mais assure en DVD. Pas de quoi jouer les persifleurs.
Eléonore Guerra