Résumé du film Venus noireParis, 1817, enceinte de l'Académie Royale de Médecine. « Je n'ai jamais vu de tête humaine plus semblable à celle des singes ». Face au moulage du corps de Saartjie Baartman, l'anatomiste Georges Cuvier est catégorique. Un parterre de distingués collègues applaudit la démonstration. Sept ans plus tôt, Saartjie, quittait l'Afrique du Sud avec son maitre, Caezar, et livrait son corps en pâture au public londonien des foires aux monstres. Femme libre et entravée, elle était l'icône des bas-fonds, la « Vénus Hottentote » promise au mirage d'une ascension dorée... Galerie Photos : Venus noireLes avis sur le film Venus noire
Critiques : Venus noire -
Première

" Clinique, certes, mais aussi d’une impressionnante ambition visuelle et narrative, Vénus Noire range définitivement Kechiche parmi les réalisateurs qui comptent. "
C.N. (article entier disponible dans Première n°404, page 56.)
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L'express

" Vénus noire, est un film impressionnant.... "
Éric Libiot (article entier disponible dans L'express Mag n°3095, page 134)
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Studio CinéLive

"Une incursion surpenante et réussie dans le film d'Abdellatif Kechiche dans le film d'époque."
Emmanuel Cirodde (article entier disponible dans Studio CinéLive n°20, page 32)
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Le Point

"(...) miracle qui fait de vénus noire plus qu'un film, un acte de fraternité."
Florence Colombani (article entier disponible dans Le Point n°1988, page 128)
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Le Journal du Dimanche

"En parvenant à intégrer tous ces éléments avérés, Abdellatif Kechiche réalise un exploit d'autant plus qu'il ne trahit jamais l'histoire ni sa radicalité de metteur en scène engagé."
Alexis Campion (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 25/10/2010)
Entretien avec Abdelatif KechicheLa psychologie ne suffit pas à résumer la complexité d’un être.
le psychologisme limite même la compréhension de l’être humain. l’image seule révèle parfois beaucoup plus de nuances dans la nature humaine que toutes les tentatives d’explications psychologiques. Quand le cinéma parvient à être aussi fin que la vie, c’est magnifique. le jeu de l’acteur y fait beaucoup... il faut toujours garder à l’esprit que la technique au cinéma peut aussi nuire à ce jeu et le rendre complètement hermétique à la vie... et puis parfois, il n’y a pas d’explications à chercher : il y a le mystère. Saartjie est un personnage très mystérieux... c’est ce qui m’a tout de suite intéressé... Notes de tournageLe 15 Juin 2009 - Coup d'envoi de La Vénus Noire
Un an se sera écoulé depuis qu’Abdellatif Kechiche avait annoncé qu’il se lançait dans la réalisation de La Vénus Noire, un biopic de la « Vénus Hottentote », l’histoire vraie de Sawtche, une jeune femme originaire d’une tribu d’Afrique du Sud et qui au 19ème siècle avait été asservie contre son gré et exhibée tel un animal de foire en Europe en raison de sa « stéatopygie » (une hypertrophie morphologique des fesses et des hanches, et des organes sexuels protubérants).
À sa mort à Paris en 1815, celle-ci est disséquée et devient sujet d’étude, et un moule de son squelette est exposé au Musée de L’Homme jusqu’en 1974. Ce n'est qu'en 2002 que son corps est finalement restitué à l’Afrique du Sud.
Après une phase de casting pour le moins délicate où le réalisateur aura dû trouver son actrice principale parmi des jeunes femmes stéatopyges, la société de production MK2 vient d’annoncer que le tournage de cette co-production franco-italienne (MK2 et Lucky Red) débuterait cette semaine en Île de France.
Un tournage placé donc sous le signe du challenge, dont nous restons convaincus qu’Abdellatif Kechiche, à qui l’on doit notamment le film multi césarisé de 2006 La Graine Et Le Mulet, sera à la hauteur. Interview de Yahima TorrèsQuand avez-vous entendu parler pour la première fois de la Vénus hottentote ?
Je savais peu de choses à propos de Sarah jusqu’à ce qu’abdel m’en parle. on s’était rencontré par hasard à Belleville en 2005, alors qu’il préparait La graine et le mulet, et on s’est retrouvé trois ans plus tard, lorsqu’il était en plein casting de Vénus noire. C’était très émouvant et un honneur qu’abdel me propose de l’incarner. Je me suis mise à collecter toutes les informations que je pouvais trouver sur internet. Cette femme a vécu beaucoup de souffrances intérieures, s’est très souvent sentie seule, même lorsqu’elle était « protégée » par caezar ou lorsqu’on la voit entourée de figures féminines « amies » dans le bordel. ce que j’ai aimé dans l’approche d’abdel, c’est la multiplicité des facettes de Sarah. Son désir profond était d’être artiste à une époque où les gens n’étaient pas capables de voir au-delà des apparences. Sarah est restée pour eux une curiosité, quelqu’un de « différent » physiquement et culturellement. Humainement, c’est une histoire qu’il fallait raconter. Interview de André JacobsQue connaissiez-vous de l’histoire de Saartjie baartman avant de tourner Vénus noire ?
C’est une icône pour de nombreux Sud-africains. Je savais qu’elle avait séjourné à Londres, que son corps avait été restitué il y a quelques années par la France à l’Afrique du Sud, mais je ne suis rentré dans le détail qu’au moment de la préparation du film. Les Sud-africains me détesteront s’ils m’entendent dire cela, mais je trouve bien que des Français, et non des Sud-africains, aient réalisé ce film. Saartjie est un symbole universel avant d’être un symbole national. Son histoire est celle d’une déshumanisation absolument terrible qui ne connaît hélas pas de frontière. Abdel s’est beaucoup documenté sur son parcours, mais n’a pas voulu réaliser un film historique. Je trouve son choix judicieux. ce sont l’aspect moral, philosophique et les résonances actuelles du film qui me touchent le plus. Interview de Olivier GourmetComment avez-vous nourri le personnage de réaux, dont les traces historiques restent éparses ?
Sur la Vénus noire, il y a effectivement beaucoup d’informations, mais lorsque j’ai tapé le nom de réaux sur internet, je n’ai quasiment rien trouvé ! abdel avait évidemment mené une enquête plus poussée (rires). Je l’ai surtout nourri d’instinct, d’un naturel et une jouissance de tous les instants. réaux est quelqu’un d’intelligent qui analyse les situations et qui tire profit de son entourage, avec tout ce que cela comporte comme défauts et perversité. Abdel ne voulait absolument pas qu’il soit diabolisé ou d’emblée machiavélique. D’abord, parce qu’il y avait dans sa relation avec Saartjie une affection et un respect. A sa manière, puisqu’il baignait dans un univers où la conscience des limites de l’autre n’existait pas. le contexte de l’époque et du monde des forains parle pour lui : beaucoup de gens n’avaient jamais été éduqués quant aux limites entre le bien et le mal, entre respect et humiliation. ensuite, parce qu’abdel parle du personnage de manière à ce que vous vous en empariez avec une certaine liberté. en tant qu’acteur, cette démarche me convenait parce que j’ai toujours abordé un rôle en creusant sa part d’humanité. Interview de François MarthouretQue saviez-vous du destin de Saartjie et du rôle joué par Georges cuvier ?
Je n’avais que le souvenir confus du fameux moulage que j’avais vu exposé au Musée de l’homme Je ne savais rien des détails de la vie de cette femme, ni de son calvaire jusqu’en 2002, avec la restitution de ses restes à l’Afrique du Sud... Quant à cuvier, je ne connaissais que le nom de sa rue (rires). Repères historiques1770 (date estimée)
Naissance de Saartjie baartman, originaire du peuple Khoïkhoï, dans l’actuelle afrique du Sud alors sous domination boer.
1770 - 1795
Au service des colons, à l’instar de sa famille, elle travaille dans la ferme de hillegert Muller, avant d’être vendue à Pieter caezar, un commerçant du cap. au fil des années, elle trouve réconfort dans l’alcool. Dès son adolescence, la jeune fille est affectée de stéatopygie (hypertrophie des fesses) et de macronymphie (organes sexuels protubérants), symptômes qui susciteront curiosités et fantasmes en occident. |
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