Un film de
Sandrine Ray, avec
Vahina Giocante,
François Berléand et
Aurore Clément.
SYNOPSIS :
Une nuit d'été Claire, une jeune fille de vingt ans, se fait sauvagement agresser. Meurtrie au plus profond d'elle-même, elle multiplie les expériences pour se prouver qu'elle est encore vivante et reprendre goût à la vie.
L’AVIS DE LA REDACTION :
A priori on serait tenté de dire que le thème du viol semble éculé au cinéma. On a pu voir le viol comme un souvenir qui hante, un prétexte à film à suspens, le déclencheur d’une course à l’abîme et d’une action vindicative. Ici le point de vue est encore différent : celui où le viol est affronté par la vie. Pour se libérer de ce secret trop lourd à porter et d’une vie qui lui deviendrait insupportable, Claire peut décider à tout moment de mettre un terme à celle-ci.
Elle choisit de vivre. L’instinct de survie débouche sur une quête du désir, un combat pour redonner vie à son corps sali. L’ancrage dans l’intimité du personnage est d’autant plus fort que Claire décide de ne pas révéler l’agression. On se désintéresse des auteurs de celle-ci. Le viol n’existe ensuite à travers le film que par le désir de désir. Cette quête est exprimée avec une qualité inégale.
Lorsque Claire s’abandonne dans les bras de jeunes hommes dans des boîtes de nuit, la mise en scène trop appuyée rend ces passages moins efficaces. En revanche, la référence aux mots pour faire renaître le désir est très révélatrice du lien étroit établi entre le psychologique et le physique, de l’approche délicate de ce film sans être pudibond.
L’interprétation de
Vahina Giocante est magistrale, dans ce rôle complexe. Le film parvient à éviter l’écueil du mélo larmoyant. La scène du viol est introduite de manière assez anodine, ce qui lui donne un ancrage très fort dans le quotidien et véhicule ainsi de la crédibilité et une charge émotive forte, sans verser dans le voyeurisme.
On regrette en revanche que la musique soit parfois trop présente et presque incongrue, ce qui sape cette impression de détachement et de sensibilité qui fait la force du film. L’émotion dégagée par les personnages est déjà suffisamment importante. Enfin, parce que Claire est blessée au cœur de sa féminité, le poids de l’absence de la mère est vécu avec plus d’intensité. Dans ce contexte, l’introduction d’un autre personnage, interprété par Agnès Soral, mi-ange gardien, avec un passé lourd et douloureux semble ici de trop.
Mavo Ranaivo
L'AVIS DE LA PRESSE :
Première :
" Un parti pris discutable que le jeu instinctif de Vahina Giocante (belle) et l'interprétation bien sentie de François Berléand sauvent de justesse du mélo caricatural. "
(article entier disponible dans
Première) n°300, page 44)
CinéLive:
" Un catalogue de situations archi-convenues, limite complaisant, qui n'arrange pas les affaires d'un scénario plein de bonnes volontés, mais aussi bien naïf "
Grégory Alexandre (article entier disponible dans Cinélive n°55, page 50)
Télérama :
" Premier long-métrage déconcertant. Sandrine Ray réussit le plus difficile, filmer le viol d'une étudiante. Un cataclysme presque silencieux, et d'autant plus impressionnant. La suite, lente resurrection de la jeune fille, n'est pas à la hauteur."
(article entier disponible sur le site de
Télérama)