Un film de
Jean-pierre Sinapi, avec
Sami Bouajila,
Jalil Lespert,
Sylvie Testud...
SYNOPSIS :
Paul est français d’origine marocaine, titulaire d’un DEA de littérature et à fait Sciences-Po. En attendant de trouver un emploi qui lui convienne, il est livreur de pizza à Barbès le jour et veilleur de nuit dans un hôtel à Pigalle. Paul est amoureux d’une jeune fille, Myriam, supportrice du club de foot de la ville.
Daniel, son frère cadet, a quant à lui échoué à trois reprises au baccalauréat. Mais Daniel a une passion : le body-building, et un rêve : faire la couv’ du Monde du Muscle. Ce qui le pousse à se doper.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Paul et Daniel Smaïl sont deux frères d’origine marocaine qui vivent à Barbès. Le premier captivé par le livre Moby Dick a fait de brillantes études, le second éprouve une réelle fascination pour le bodybuilding, ce qui entraînera sa chute.
La mort est d’ailleurs le démarrage et le point final de l’histoire douloureuse de ces deux garçons que tout oppose mais qu’une complicité unit à jamais.
Obsédé par leur recherche du bonheur et l’accession à une reconnaissance sociale, indispensable pour eux, ils finissent par se perdre dans les méandres d’une vie trop hostile, qui ne cesse de les rejeter.
Daniel en mourra. Paul de son côté, frôle la vie sans vraiment s’y impliquer, les refus qu’il reçoit le démotivent et il ne se bat plus pour y arriver. Jusqu’à une rencontre déterminante pour lui, Myriam qui sera en quelque sorte son salut.
Le film de
Jean-pierre Sinapi (qui nous avait déjà comblé avec
Nationale 7) est un douloureux regard sur la vie, ses complexités, son âpreté.
Sans misérabilisme, ni prétention démagogique, il propose juste un témoignage d’une vie : celle de Paul Smaïl (qui a écrit le livre dont le scénario est tiré).
Les trois acteurs du film sont époustouflants dans ces rôles si difficiles et si justes.
Jalil Lesper, particulièrement, qui endosse le rôle pathétique de Daniel, prêt à tout pour exister. Il fait de son corps un pur objet, dépossédé de son image et de son amour propre, il accepte tout et finira par se détruire.
Le film est un hommage à toutes les formes de luttes : contre la société mais surtout contre soi même.
C’est en s’acceptant et en ne refusant pas ses désirs profonds, que Paul pourra se dépasser et accéder à son idéal caché : devenir écrivain.
Claire Salères
NOTES DE PRODUCTION :
Fabienne Servan-schreiber, directrice de la maison de production de Cinétévé, a choisi de montrer, à travers la filmographie de sa boite, la différence sous toutes ses formes.
"Dans VIVRE ME TUE, c’est la différence vécue comme un déchirement. Daniel et Paul vivent leur double culture comme un fardeau. Ils pensent impossible de s’intégrer sans se déformer intellectuellement pour l’un, physiquement pour l’autre. À leurs yeux, il n’est pas de salut hors de la norme. "
"Comment vivre en étant un Français d’origine étrangère quand les autres refusent de voir en vous autre chose qu ‘un immigré ? Au-delà d’un simple témoignage, les personnages de VIVRE ME TUE sont emblématiques de toute une génération. Rien de misérabiliste dans le propos de
Jean-pierre Sinapi, qui, poursuivant le travail de Paul Smaïl, puise son énergie et son audace dans la férocité du monde qui l’entoure."
Toujours au cœur de l’immigration et des rapports fraternels, le second film de
Jean-pierre Sinapi (
Nationale 7) est l'adaptation du roman éponyme et autobiographique de Paul Smaïl, livreur de pizzas à Barbès aspirant à devenir écrivain…
"C’est par hasard que j’ai lu VIVRE ME TUE " se souvient le réalisateur.
"Ce qui me bouleverse dans ce roman, c’est sa vérité. Morceaux de vie, morceaux de haine et d’amour, morceaux de quotidien se télescopant et délaissant l’histoire pour lui permettre d’advenir. "
"Avec VIVRE ME TUE, il ne s’agit pas pour moi de raconter une histoire mais de la retrouver. Je veux parler du dedans. De la chair. Des corps. Ce corps instrumentalisé que Daniel le cadet body-builder muscle, violente et gonfle jusqu’à an crever. Ce corps avec lequel l’aîné intellectuel, Paul, a tant de mal à vivre et qu’il exténue dans les salles de boxe. Corps social qui les étouffe tous les deux."
"Daniel et Paul ne sont pas des porte paroles. Au-delà de leurs particularités culturelles et sociales, ce sont deux jeunes hommes dont la vie apparemment banale rejoint le mythe de l’universel, comme n’importe laquelle de nos vies. VIVRE ME TUE, c’est la liaison impossible entre deux violences, celle de la vie, et celle de la mort. "
FICHE ARTISTIQUE :
Paul Smaïl :
Sami Bouajila
Daniel Smaïl :
Jalil Lespert
Myriam :
Sylvie Testud
Diop :
Simon Bakinde
Père Smaïl :
M’hamed Benguettaf
Père Myriam :
Teco Celio
Tarik :
Djemel Barek
Pequod :
François Sinapi
Mr Louis :
Roger Ibanez
Mr Benny :
Marc Andreoni
Mr Barthas :
Lucien Longueville
DRC Aligrofam :
Xavier De Guillebon
FICHE TECHNIQUE :
Auteur / Réalisateur:
Jean-pierre Sinapi (d’après le roman Vivre me tue de Paul SMAÏL, Editions Balland)
Adaptation :
Jean-pierre Sinapi et Daniel TONACHELLA
Producteur délégué :
Fabienne Servan-schreiber
Producteur exécutif :
Jean-pierre Fayer
Producteurs associés :
Karl Baumgartner et
Raimond Goebel
Directeur de production :
Denis Fleutot et
Guido Bohlman
Image :
Pierre Aim
Cadre :
Jean-paul Meurisse
Musique :
Louis Sclavis
Son :
Jean-michel Chauvet
Montage :
Catherine Schwartz
L'AVIS DE LA PRESSE :
Première :
" Malgré son titre et son pessimisme apparent – le discours sur la fraternité est, lui, tout ce qu’il y a de plus positif - , Vivre me tue n’est pas un film plombant. La vitalité des personnages, la justesse des dialogues et du casting, l’équilibre entre les moments creux et intenses, rendent le récit particulièrement dynamique. (…) Sinapi filme pour sa part simplement, ni trop près, ni trop loin, en observateur neutre et avisé. Une pudeur de circonstance. "
Christophe Narbonne (article entier disponible dans
Première n°316, page 54)
CinéLive:
" Deux frèes en quête de reconnaissance sociale face à un monde qui ne veut pas d’eux. Un film à la fois obre et déchirant, et un Jalil Lespert au-delà des superlatifs. "
Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Cinélive n°69, page 58)
Studio Magazine :
" D’une humanité foudroyante. Une œuvre qui se regarde avec le cœur. "
Thierry Cheze (article entier disponible dans Studio Magazine n°190, page 34)
Libération :
" Autour de deux fils d'immigrés, Jean-pierre Sinapi signe un mélo social surprenant. "
Didier Peron (article entier disponible sur le site de
Libération)
Télérama :
" Impossible de croire en l'affrontement schématique de ces deux frères beurs, l'un intello, l'autre bodybuildé. Les répliques s'écoutent retentir, la pluie se regarde romantiser les baisers, et les clichés clichent. On aurait pourtant volontiers emboîté le pas aux acteurs, gracieux, chaloupés, entiers... "
Marine Landrot (article entier disponible sur le site de
Télérama)