Après une période plutôt creuse (
Les Bronzés 3 Amis Pour La Vie,
Mes Stars Et Moi,
La Guerre Des Miss)
Patrice Leconte démontre ici une réelle volonté de renouer avec la légèreté et la liberté dont étaient emprunts les excellents
Tango,
Tandem ou encore
Le Mari De La Coiffeuse ; se passionnant encore une fois pour une de ces délicates héroïnes fraîches et énigmatiques qu'il affectionne tant et qui avait fait la part belle à Vanessa Paradis dans
La Fille Sur Le Pont.
L'envie y est donc, mais
Voir La Mer ne permet malheureusement pas ce retour au film plus personnel. La mise en scène simple, pure, et naturaliste était pourtant prometteuse et assurait ainsi une grâce naturellement envoûtante ; mais associée à des dialogues trop bien écrits - qui contrastent dès lors avec la légèreté qu'insuffle la réalisation - et à l'inexpressivité de l'ancienne Miss météo (visiblement pas à la hauteur d'un tel rôle), elle perd de son potentiel.
Quel dommage, qui plus est, que le triangle amoureux ne soit qu'une simple ébauche. La complexité de cette relation qui n'est pas suffisamment exploitée laisse un goût d'inachevé et manque cruellement de vraisemblance. Le duo que forment les deux frères (
Clément Sibony et
Nicolas Giraud), lui, est pourtant crédible et c'est dans leurs échanges que l'on trouvera les meilleurs dialogues.
Mais il aurait fallu - pour que le trio fonctionne - leur trouver plus étonnante et captivante (une vraie actrice quoi) que
Pauline Lefèvre qui, malgré son joli minois, ne parvient pas à dégager quoi que ce soit. On s'ennuie finalement à regarder les vagabondages de ce trio qui ne suscitent pas un grand intérêt. Heureusement que l'excellent
Gilles Cohen, qui incarne l'ancien petit ami possessif de Prudence, assure quelques rebondissement même si cela ne suffit pas.
- " Elle a jamais vu la mer "
- " Tu sais la mer c'est beau mais après en s'en lasse "
On se lasse effectivement très vite de cette jolie carte postale, certes pas sans charme, mais qui manque férocement de profondeur.
Zoé-Alice Klein