Comment faire un film sur la banlieue en évitant de tomber dans la propagande, dans le cliché, tout en dénonçant une certaine réalité ? Comment faire un film sur la banlieue qui soit accessible à tous les publics ? Comment faire un film dont l'histoire est celle d'un album de rap sans tomber dans le vidéo-clip ? Autant de points qui font la difficulté d'un long-métrage comme VOISINS, VOISINES, difficultés auxquelles s'est attelé le réalisateur
Malik Chibane, avec plus ou moins de succès.
La première originalité de son film est de mettre en scène des voisins dans un petit immeuble de co-propriétaires et non pas de HLM, bien que celui-ci soit perdu au beau milieu des cités. Il nous parle ainsi d'une réalité dans la vie des banlieues différente de celle que l'on a pu voir dans d'autres films sur le sujet. Cette réalité, c'est celle de la cohabitation entre les différentes communautés, mais aussi entre les locataires de logements sociaux et les petits propriétaires. L'occasion pour le réalisateur de développer des personnages certes un peu caricaturaux mais drôles, à l'image du couple Gonzalés (
Anémone et
Jackie Berroyer). Le gros problème de VOISINS, VOISINES n'est donc pas tant dans ses personnages que dans le scénario et la musique. L'histoire ne captive guère le spectateur qui, de ce fait, se lasse vite du film et de sa bande originale. Plus de dix morceaux de rap entiers viennent ponctuer le scénario et, bien que la démarche soit originale, elle excède très vite les spectateurs peu adeptes de ce genre musical. Du coup, le film rate sa cible et risque de ne plaire qu'à un public de banlieue, touchant que très difficilement les autres. Dommage.
Amélie Chauvet