Le réalisateur culte
Larry Clark revient en solo avec le film
Wassup Rockers. Une bande de sept jeunes latino-américains, vivant dans le ghetto de South Central à Los Angeles, décide de changer de décor et débarque à Beverly Hills avec la ferme intention d'aller skater le fameux « nine stairs ». Dès lors, les ennuis commencent et un monde effrayant se présente à eux, peuplé de gosses friqués, de flics et de gens du show-business…
Deux ans après le sulfureux - et largement censuré -
Ken Park qui connut un réel engouement,
Larry Clark, auteur également des très controversés
Kids et
Bully, signe ici une œuvre moins trash, manifestant plus de sérénité (et de sagesse ?). Ces ingrédients - sexe et violence - sont toujours présents mais moins provoc' dans le sens où il suggère plus qu'il ne montre.
Le film se scinde en deux parties. La première, dans la veine du documentaire, relate la vie d'une kyrielle d'ados hispaniques en quête de nouvelles expériences dont le quotidien est rythmé de musique punk-rock et de ballades en skate. Ainsi, les personnages, qui ne sont pas des acteurs, interprètent leurs propres rôles, et la majeure partie de cette tragi-comédie est improvisée. Pourtant, une fois à Beverly Hills, ce joli
teen movie prend un virage à 180 degrés et les héros se retrouvent dans un univers totalement inconnu et belliqueux. Le cinéaste et photographe met en avant ses thèmes de prédilection : les maux d'adolescents et les clivages sociaux. Les contrastes ponctuent ce long-métrage nous confrontant à des individus d'origine raciale, de culture et de niveau social bien distincts.
Wassup Rockers confère au spectateur un sentiment d'effarement tant le film semble ancré dans la réalité. Un portrait acide et violent de la jeunesse américaine !
Fanny Cairon