Deux couples, deux mariages et donc deux histoires d'adultère,
We don't live here anymore met à nu la complexité des relations modernes. L'être parfait n'existe pas, l'herbe est toujours plus verte chez son voisin et c'est ce constat qui va entraîner un dangereux jeu de séduction entre les quatre protagonistes du film : Jack, Terry, Hank et Edith. Le long-métrage de
John Curran dissèque la nature humaine pour peindre un tableau assez triste et cynique du mariage. Au cœur de
We don't live here anymore : le thème récurrent est celui de l'amour. L'amour sous toutes ses formes : entre deux êtres, clandestin, paternel et maternel ou encore l'amitié. C'est l'homme qui détruit ou qui encense ce qu'il possède.
We don't live here anymore essaie par de longs dialogues et des discussions incessantes de trouver une vérité, la vérité sur la vie de couple. Pourtant, une fois le film fini, cette vérité reste inexistante. Seul le déchirement de deux familles saute aux yeux du spectateur. Il reste cette impression que malgré la profondeur intense des relations dont nous sommes les témoins, le réalisateur ne nous emmène pas au-delà des mots. Le spectateur se sent flotter à la surface des conséquences qu'engendre l'infidélité.
Les quatre acteurs :
Mark Ruffalo,
Laura Dern,
Peter Krause et
Naomi Watts font preuve d'une force et d'une justesse étonnante. Leur jeu est aiguisé et ils ont réussi à investir les faiblesses de leur personnage respectif. Le jeu de miroirs dans la narration offre une vision authentique des points de vue des quatre protagonistes et apporte une vraie consistance au film.
We don't live here anymore est un long-métrage sans concessions, qui caractérise bien l'époque dans laquelle nous vivons.
Sohini Gogel