Wild Side
J’ai dû trouver un titre dans l’urgence, un soir, à la demande de la production. Je n’avais pas d’idée. Je trouvais difficile de trouver un terme générique capable de résumer tout le film. L’histoire est faite d’éléments si opposés. J’ai passé ma soirée à chercher dans des recueils de poèmes, sur mes pochettes de disques, ou dans le scénario lui-même… et c’est là que je suis tombé sur un cd de Lou Reed. Wild Side m’a semblé juste dans ce qu’il pouvait évoquer de vie marginale. Ce n’est pas tant la drogue à laquelle la chanson fait allusion qui m’intéressait mais plutôt une référence à un monde, presque une communauté, fait de marginaux de tous bords. J’aurais aussi bien pu parler de Bowie dans sa période glam rock. Ce refus des modèles dominants, le goût du travestissement, repenser l’identité masculine et la porter dans ses limites les plus extrêmes… Wild Side recouvre tout ça pour moi, particulièrement aujourd’hui où une certaine uniformité règne. Je ne compare pas le film à la chanson de Lou Reed, mais je pense simplement qu’il y a une parenté, un monde commun entre les deux. Et puis le hasard a voulu qu’Antony, le garçon qui chante au début du film, soit un ami proche de Lou Reed. Il chante sur son dernier album d’ailleurs.