Un film de
Francesca Comencini, avec Fabrizio Rongione,
Chiara Mastroianni.
SYNOPSIS
Zeno a trente quand son père meurt de maladie. Cette éprouvante disparition lui fait prendre conscience qu'il n'a pas assez profité de sa jeunesse.
C'est alors qu'il rencontre Giovanni Malfenti, propriétaire d'une galerie d'art, très dynamique malgré son âge et les quatre filles dont il s'occupe.
Zeno tombe très vite sous le charme d'une de ces filles. Cette nouvelle relation l'aide à retrouver confiance en lui.
L’AVIS DE LA REDACTION :
Le film aurait pu s’intituler " Parle avec lui "… Car, si Pedro Almodovar sait parler aux femmes,
Francesca Comencini, elle, nous parle des hommes avec la clairvoyance d’un psychothérapeute, subtilement mêlée de flou néo-impressionniste. N’hésitant pas à user du trafic d’images, à l’instar de ce fondu enchaîné de couleurs pastels dans un cadre nocturne (ces fameux ralentis/accélérés qu’affectionne notamment Wong Kar-Wai…), la réalisatrice nous donne, dès le générique, le ton d’un film où dominent le vertige et la mélancolie.
ZENO est sous-titré "La parole de mon père"… mais il s’agit plutôt, en l’occurrence, du silence de son père ! Ce silence glacial qu’un père opposa à son fils, sa vie durant. Un silence effroyable qui se prolonge jusque dans la mort, et même au-delà. Un silence qui, enfin, se substitue à un autre silence, laissant totalement démuni, sans défense. Puis le remords qui ronge de l’intérieur, lorsque le mutisme a vaincu, que la frontière, pourtant si ténue, fait office de mur infranchissable, et qu’il est définitivement trop tard pour se parler…
Francesca Comencini aborde, par ce film très "littéraire" (librement inspiré d’un roman de l’écrivain italien Italo Svevo), toute la violence symbolique du rapport de filiation, ce très oedipien mélange de haine étouffée et d’amour refoulé. Avec Zeno (le jeune homme, magistralement interprété par Fabrizio Rongione), nous nous immisçons dans un drame intime, pour mieux percevoir une réalité transformée par le filtre de l’inconscient. Nous sommes à la fois dans la vie et dans sa représentation. En plein trouble des sentiments. Nous avons affaire à un personnage qui tangue et cherche sa vérité dans le regard des autres. Ou dans l’amour des femmes (encore que cet aspect du film soit un peu plus " poussif ", malgré la présence lumineuse de
Chiara Mastroianni…)
Francesca Comencini prend tout son temps et procède par touches, un peu à la manière d’un peintre, préférant à la reproduction fidèle, la restitution d’un ressenti, d’une émotion. La part d’examen psychologique transcende alors un scénario volontairement confus, et nous plonge dans une déroute mentale qui, en aucun cas, ne peut laisser indifférent. Cinéaste de l’introspection, un peu à l’instar de Nanni Moretti ou de
Mimmo Calopresti,
Francesca Comencini incarne la génération du renouveau d’un cinéma italien qui a décidément bien du mal à retrouver son souffle…
Laurence Berger
L’AVIS DE LA PRESSE :
Chronic’art :
« « Zeno » fait partie de ces films faussement mineurs qui laissent une trace d’autant plus puissante que leurs effets fonctionnent comme à rebours, faisant mine d’effleurer le gouffre, de ne jamais le toucher, pour mieux se laisser complètement happer par lui. »
Vincent Malausa (article entier disponible sur le site de
Chronic’art)
Les Inrocks :
«Une adaptation trop timide du chef-d’œuvre d’Italo Svevo »
Amélie Dubois (article entier disponible dans Les
Inrocks n°335, page 60)
Première :
« La résignataire a opté pour l’hermétisme : névroses pathétiques, confusion qui s’exprime en monologues pesants. On regrette aussi l’absence d’un personnage central fort. Zeno subit, agace et, au final, indiffère. »
M.C. (article entier disponible dans
Première n°302, page 62.)