L'histoire ne fait que se répéter ; tout a changé, rien n'a changé ?
Ce qui a changé, c'est que tout est plus dur aujourd'hui. Dans ma jeunesse, on connaissait le plein emploi, il y avait à peine trois cent mille chômeurs en France. Aujourd'hui, il y en a près de trois millions. Quand j'avais 18 ans, je vivais en banlieue, la violence était quotidienne et je me suis retrouvé plusieurs fois avec des crans d'arrêt sous le nez. Aujourd'hui, c'est le fusil à pompe. Il y a trente ans, les questions de racisme tournaient essentiellement autour de l'Algérie. Aujourd'hui, c'est multiplié par trois au moins : contre les arabes ; contre les juifs, contre les noirs. Et les problèmes communautaires sont au cœur de la vie politique. Cependant il y a plein de problèmes qui restent les mêmes : le permis de conduire, la voiture, l'emploi, l'appartement, les premiers amours.