Il y a le gentil et le méchant, Philippe Lespinasse et Pierre Carles, un curieux tandem qui choisit de drôles d’engins pour se déplacer, caméra à la main, afin de glaner un peu de la substantifique moelle des ailleurs qu’ils explorent. Ici, les voici en canoë sur les étangs entre Bages, Sigean, Port la Nouvelle et Gruissan en quête des petits métiers, des pêcheurs, chasseurs, bidouilleurs, bricoleurs, artisans… En cherchant à faire ami-ami avec ces « derniers de Mohicans », nos deux reporters ne sont pas totalement désintéressés.
Nino a 16 ans, les vacances commencent et son cœur balance entre Natacha, une très belle fille, comédienne au théâtre comme dans la vie, et la délicieuse Nathalie qu’il connait depuis toujours. Celle-ci refuse que « l’homme de sa vie » s’éloigne d’elle aussi inexorablement que son enfance…
Pierre Carles s’interroge sur la privatisation de la première chaîne de télévision française : n’est-il pas scandaleux que TF1/Bouygues ait vu sa concession renouvelée automatiquement depuis 1987 ? Reprenant son combat anti-télé inauguré avec Pas vu pas pris, son premier film, il se confronte aux responsables de l’information qui ont toujours évité d’aborder ce sujet tabou.
Un film à l’honneur du professeur : bête et méchant… Mais très réussi !
Un documentaire de Pierre Carles et Eric Martin, avec la participation de Georges Bernier, dit Choron, François Cavanna, Cabu, Siné, Nabe, Vuillemin, Wolinski, Val...
Pour beaucoup,Choron restera le monsieur chauve et ivre qui mettait sa bite dans les flûtes de champagne. Remarquez, y a pire comme trace laissée sur terre. BHL, exemple au hasard, ne laissera-t-il pas l’image d’un triste sire qui montrait sa chemise blanche dans les postes de télévision ?
Quoi qu’il en soit, le Prof était bien plus que cela.
Dans cette guerre économique, qu’on nous avait promise il y a bien des années et qui avance comme un rouleau compresseur, existe-t-il encore un sursaut d’imagination pour résister ?
Mis en demeure de choisir entre les miettes du salariat précaire et la maigre aumône que dispense encore le système, certains désertent la société de consommation pour se réapproprier leur vie. « Ni exploitation, ni assistanat ! » clament-ils pour la plupart. Ils ont choisi une autre voie, celle de l’autonomie, de l’activité choisie et des pratiques solidaires…
Deux voisins. Mal dans leur travail et dans leur vie.
Face à face en rase campagne, quelque part dans le nord de la France. La cohabitation est difficile.
Ils se dérangent et se détestent. Une violente dispute se termine à l’hôpital à cause d’une benne agricole
qui s’est écrasée sur eux pendant leur bagarre.
Une dizaine de chômeurs et de chômeuses racontent pourquoi et comment ils ont décidé de ne plus aller travailler. Après avoir fréquenté plus ou moins longtemps le monde du travail, ces hommes et femmes ont fui l'usine, l'entrepôt ou le bureau, bien décidés à ne plus accepter les règles de la guerre économique contemporaine.
Loin de l'image du chômeur accablé et déprimé, ces "sans-emplois qui n'en demandent pas pour autant" expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s'épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de temps à profusion.
L’AVIS DE LA PRESSE :
CinéLive:
"Le soucis de complétude rend parfois le fil un peu brouillon, mais est traversé d’une conscience politique, qui, bien que de parti pris, reste plutôt bonne à entendre."
Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Cinélive n°72, page 74)
Première :
"(…) Peut-être faut-il parfois être un peu caricatural pour être entendu."
Le personnage de justicier incarné par Pierre Carles dans Pas vu Pas pris, reprend du service. Après les journalistes vedettes du petit écran, il prend cette fois-ci pour cible les faux critiques de la télévision à travers la figure emblématique de Daniel Schneidermann, animateur de l’émission Arrêt sur Images .
Vraie-fausse suite du premier film, creusant l’analyse des mécanismes de censure en œuvre à la télévision, Enfin pris ? est aussi une réflexion sur la manière dont le pouvoir change les gens, sur les ressorts intimes de l’ambition et de la fidélité.
Une comédie cruelle et mordante dont personne ne sort totalement indemne.
Dans son dernier film, l'auteur de Pas vu pas pris épouse avec respect la "pensée en mouvement" de Pierre Bourdieu, donnant à voir le combat généralement invisible que mène le sociologue conter l'ordre dominant. Un Pierre Carles respectueux, on n'avait encore jamais vu ça.
Mais filmer l'adversaire de l'ennemi, c'est toujours filmer l'ennemi.