Interview : 10 000 ans av JC par Roland Emmerich

Lundi 29 octobre, 10h30, Paris est sous la pluie. Les organisateurs de l’événement doivent aller jusqu’à la voiture de Roland Emmerich pour l’accueillir sous un parapluie… Dix minutes plus tard, nous voici propulsé 10 000 ans avant J.C., devant les incroyables images du nouveau film du réalisateur d’Independence Day et du fameux Le Jour D'Après : 10 000 Bc. Il y a très peu de monde, on sent une atmosphère secrète, confidentielle. C’est d’abord la bande-annonce qui nous donne le ton : préhistoire, action, amour et lutte pour la liberté et l’unité des peuples, le tout sublimé par des effets spéciaux à couper le souffle et une musique menée à tambours battants, littéralement.

« Ceci n’est pas une leçon d’histoire…», entame Emmerich sereinement, « j’ai essayé d’inclure dans ce film une image de l’humanité couvrant des milliers d’années, (…) on y retrouve l’idée du premier héros moderne ».. Car 10 000 Bc retrace l’épopée grandiose de D’Leh (Steven Strait), un jeune chasseur de mammouth qui se voit contraint de parcourir des contrées inexplorées pour sauver la princesse dont il est amoureux (Camilla Belle) et d’autres membres de sa tribu, faits prisonniers par de redoutables ennemis.

Et pas besoin de têtes connues pour ça :« Le film aurait souffert d’avoir des stars à l’affiche. On n’aurait plus regardé un homo sapiens, mais l’acteur dans l’action. Avoir des inconnus, c’était mieux pour reproduire cette période ».

Roland Emmerich s’explique et avoue la difficulté technique du film qui se veut très innovant : « J’ai voulu atteindre les deux Graals de l’animation 3D : l’eau et les poils ». Une première scène montre une chasse aux mammouths chevelus, surprenante de réalisme. Avec une touche d’humour, il en présente une autre plongeant un tigre géant, aux dents acérées, dans l’eau et mélangeant ainsi les « deux Graals » en une seule scène. Mais c’est aussi le tournage qui fut épuisant. « C’est le film le plus dur que j’ai jamais fait, avec les climats changeants, les épreuves physiques sur les différents sites, etc. (…) ». Et d’ajouter : « J’ai commencé le film il y a deux ans et demi, je n’ai jamais passé autant de temps sur un seul projet », voyageant de la Nouvelle Zélande, à l’Afrique du Sud et à la Namibie pour obtenir des paysages hors du temps.

Dans un autre extrait, on réalise à quel point Roland Emmerich s’est appliqué à reproduire la variété de cultures et les différences d’évolution entre chaque tribu.

Gentiment, Emmerich explique à propos de La Guerre Du Feu, de Jean-jacques Annaud : « Bien sûr, ce film fut une inspiration pour moi, mais il place l’action vers 35 000 avant J.C., on sait aujourd’hui, que ce qu’Annaud raconte se déroulait vers 400 000 avant J.C., on a beaucoup plus de connaissances sur la préhistoire aujourd’hui ».

Ce qui ressort vraiment, c’est la volonté d’Emmerich de faire un film sur une épopée humaine intemporelle en lutte pour le bien contre le mal. Une morale que l’on retrouve souvent dans ses films : « il y a toujours une civilisation mauvaise qui asservit les autres, et en général c’est la religion et la technologie qui en sont responsables. On retrouve ces idées ici ».

Un film très prometteur en tout cas...

Propos recueillis par Lorraine Creaser (Paris, Octobre 2007)

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