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Interview : Fright Night

    en DVD le 22 Février 2012

Entretien avec Colin Farrell & Craig Gillespie

Colin, qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

CF : Cela fait trois ou quatre ans que j'enchaîne les rôles et les films dramatiques. J'ai dit à mon agent, texto, "J'adorerais faire un truc qui me change VRAIMENT et qui soit assez drôle, assez délirant".

Et on a reçu ce projet. J'étais un peu sceptique parce que j'avais vu la version d'origine quand j'avais 11 ou 12 ans et que je l'avais adorée. J'aimais particulièrement le jeu de dans le rôle de Jerry, et j'avais un petit faible pour lui quand j'étais gamin, si bien que je n'avais pas envie d'aimer le scénario en le lisant. Je me suis dit, "Un remake de Vampire … Vous Avez Dit Vampire ?, ça peut être une idée foireuse." Mais j'ai beaucoup aimé le scénario et j'y ai décelé le potentiel comique.

Le succès du film était aussi largement tributaire du metteur en scène, qui pouvait faire en sorte que le résultat fonctionne ou pas. Quand j'ai appris que allait réaliser le film, on a pris le temps de se parler, et j'ai compris que ce serait génial de jouer un personnage que rien ne saurait arrêter – ni la peur, ni le remords, ni les regrets, ni la compassion. La scénariste a conçu le personnage avec beaucoup d'originalité. Elle voulait que Jerry soit un vampire bien plus malveillant, violent et cruel que les vampires qu'on voit au cinéma depuis quelques années.

Craig, qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?

CG : Le scénario de . Je ne cherchais pas franchement à réaliser un film de vampire. J'avais le sentiment qu'il y en avait déjà bien assez comme ça, et je développais un ou deux projets plus modestes. Et puis, DreamWorks m'a envoyé le scénario de Fright Night qui mêlait formidablement horreur et humour. J'adore croiser les genres, et comme je repensais sans cesse au projet et que j'arrivais à le visualiser dans ma tête, je me suis lancé dans l'aventure.

Colin, avez-vous consciemment essayé d'apporter une dose d'humour à votre personnage ?

CF : Non, personne ne m'a demandé d'amener de l'humour au film. C'était plutôt et qui étaient censés apporter la touche de comédie. Leurs dialogues étaient très drôles, et ces deux garçons ont un sacré sens de l'humour. J'incarnais la part d'horreur du film, et eux sa part de comédie.

Craig, étiez-vous conscient, en tant que metteur en scène, du décalage entre humour et horreur ?

CG : Non. Il fallait que ce soit un film d'horreur avant tout. Je voulais faire en sorte que le spectateur soit réellement terrorisé à certains moments, et qu'il bondisse sur son siège. L'humour vient dans un deuxième temps, et il faut alors savoir le doser. La plupart du temps, il permet de souffler dans un moment terrifiant, mais même pendant le montage, il pouvait nous arriver de nous dire qu'il y avait un gag de trop dans une scène. C'était une bataille permanente.

Pour le personnage de Colin, il fallait qu'il s'amuse en étant un parfait salaud. Pour moi, un vrai bon méchant est réussi s'il garde une certaine distance humoristique par rapport à ce qu'il fait, et s'il y prend du plaisir, aussi atroces que soient ses actes. De ce point de vue, Colin s'en est tiré à merveille. Il s'est beaucoup amusé à être cruel.

Saviez-vous d'emblée que vous alliez tourner le film en 3D ?

CG : Dès mon premier rendez-vous chez DreamWorks, les responsables du studio m'ont dit qu'ils voulaient que je tourne le film en 3D. Je me suis dit, "Bon, j'ai vu d'énormes productions en relief comme Avatar et Alice Au Pays Des Merveilles. Eh bien, ça pourrait être génial de réaliser un film d'horreur où deux types arpentent un couloir et où on se demande ce qu'il y a au bout de ce couloir…" Je me suis pris au jeu, et je me suis vraiment plus à tourner le film dans cette optique.

Entretien avec Craig Gillespie

Comment êtes-vous passé d'un film assez modeste comme Une Fiancée Pas Comme Les Autres à une production importante comme Fright Night ?

Le scénario de m'a beaucoup plu car elle a su mêler horreur et humour, mais à une bien plus grande échelle qu'Une Fiancée Pas Comme Les Autres. J'aime faire en sorte que le spectateur se sente sollicité. Je tiens à lui laisser suffisamment de marge de manœuvre pour qu'il décide par lui-même si telle scène est drôle ou pas, ou si le ton est tragique ou effrayant. Nous avons tous notre propre interprétation des histoires que nous entendons et j'aime bien l'idée que chacun ait son point de vue sur un film.