Il est toujours intéressant d’entendre un réalisateur défendre son film, d’autant plus lorsqu’on n’a pas spécialement accroché à son œuvre. C’est en effet une très bonne occasion de mieux comprendre sa démarche, ses idées…
C’est d’ailleurs en nous expliquant d’où lui est venue l’idée du film que
Paolo Sorrentino a commencé sa conférence de presse :
« J’ai observé des voisins, des personnes âgées qui vivent en parfaite harmonie. Je suis parti de cette simple observation pour écrire ce scénario, puis ai chois ce personnage d’usurier qui entretien de drôles de relations avec sa mère et avec l’argent. »
« J’ai pensé à Fellini pour faire ce film, à un certain visage de Fellini, à son aptitude à décrire très vite des personnages comiques et tragiques. La seule différence, c’est que lui pouvait faire ça en deux scènes, moi il me faut un film entier… »
Le réalisateur a également expliqué la présence de personnages très décalés dans son film, comme ce cow-boy incarné par
Fabrizio Bentivoglio :
« J’aime mettre dans mes films des personnages hors contexte, et là, je n’ai pas trouvé autre chose que de mettre un cow-boy dans cette région d’Italie. Le personnage de Bentivoglio est mélancolique. Or, la culture de la country s’adapte bien à cette mélancolie ; mais il faut savoir que ce cow-boy s’intéresse plus à sa quête d’amour qu’à la country. »
Au fait,
Paolo Sorrentino est finalement peu connu en France, mais quelle est sa place dans le cinéma italien d’aujourd’hui ?
« Bonne j’espère ! Je suis en excellente compagnie dans le cinéma italien contemporain, aux côtés notamment de Morreti… C’est intéressant que l’on fasse des films en Italie qui ne trahissent pas le cinéma tout en faisant des expériences nouvelles. On essaie d’ailleurs parfois de faire des coups plutôt que des films. »Propos recueillis par Amélie Chauvet (Cannes, mai 2006)