Tout aussi italienne que la projection, la conférence de presse qui suivie fût quant à elle quasiment entièrement accès sur Berlusconi.
Nanni Moretti :
« La gauche a gagné de très peu de voix mais ce qui est arrivé après l’élection est très grave : le candidat perdant n’a pas voulu reconnaître les résultats du vote. C’est une chose très grave dans une démocratie. »
« En Italie, les gens trouvent normal que le patron de plusieurs chaînes de télévision et journaux soit à la tête du gouvernement. Ce qui est pourtant impensable pour une démocratie ! (…) Moi, j’aime la compétition. C’est d’ailleurs pour cela que je suis à Cannes pour la cinquième fois je crois, mais j’aime qu’elle se fasse à armes égales. Dans cette élection, ce ne fût pas le cas. J’ai aussi fait un film et j’aimerais bien parler un peu plus du film... »
Malgré cela, les questions suivantes adressées au réalisateur furent toutes très politiques. Il a quand même pu placer quelques phrases sur le cinéma…
« Mon engagement premier, c’est de faire des bons films, des films non standards si possible, qui n’aient pas déjà été faits 3 000 fois. »
C’est donc du côté des comédiens qu’il faut se tourner s’il on veut se concentrer plus sur l’œuvre de Moretti.
Silvio Orlando (interprète de Bruno, le personnage principal) :
« Je vais essayer de répondre ce que Nanni souhaite, qu’il ne se mette pas en colère… (rires). Quand j’ai lu le scénario pour la première fois, il y avait deux blocs distincts – je sais, il n’aime pas que je dise ça ! -, un peu comme deux films : un politique et un délicat sur la sphère privée des personnages. J’étais un peu inquiété par cette dualité, mais sur le tournage, on a réussi à équilibre les deux aspects. (…) Pour moi, ce fût une expérience extraordinaire, surtout en tant que spectateur. »Propos recueillis par Amélie Chauvet (Le 22 mai 2006)