Le Coeur des Hommes 3
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Interview

Entretien avec Jean-Pierre Darroussin

J’imagine que vous n’avez pas été surpris lorsque vous a parlé d’un Cœur des hommes 3

Non, pas vraiment, même si nous avons davantage parlé du 4 sur le tournage du 3 que du 3 sur le 2 ! Je pense qu'après le succès du 2, l’idée d’une série est vraiment devenue évidente pour Marc… Je crois qu’il a pris conscience que l’aventure des Cœur devenait pour lui une œuvre essentielle, que… c’était son destin ! Quand il m’a dit que Gérard ne serait pas du 3, j’ai été bien sûr étonné et contrarié, car j’ai toujours tendance à penser que les gens vont finir par s’entendre, surtout autour d’un projet comme Le Cœur des hommes. Cela n’a pas été le cas, malgré mes propositions d'intervenir pour permettre une réconciliation. Mais finalement, j’ai compris que Marc réagissait en auteur, sans tenir compte du « produit» qui existait, sans préoccupation commerciale, et que son plaisir était essentiel. Il ne pouvait pas seulement réagir de manière professionnelle à cette situation, il devait avoir aussi du désir et de l’envie. De réattaquer avec un nouveau personnage, avec un nouvel acteur, cela lui permettait de se renouveler comme auteur, comme metteur en scène.

L’arrivée d’ a-t-elle changé l’énergie du groupe ?

Bien sûr et pas seulement l’énergie du groupe… On s’aperçoit qu’un acteur, cela apporte une couleur. C’est pour cela qu’un casting est toujours quelque chose de délicat car on ne sait jamais à l’avance quelle va être la nature de la couleur qui va se dégager. En l’occurrence, la présence d’Eric apporte une nouvelle humeur, un ton différent. Quelque chose d’indéfinissable mais qui est là. Comme s’il y avait un autre type d’évidence. Tout de suite, nous nous sommes d’ailleurs senti très bien ensemble, de manière totalement simple et naturelle. Au plaisir de retrouver tous les autres, s’est donc ajouté celui de découvrir un nouveau partenaire de jeu.

Quel est selon vous son meilleur atout ?

D’être très sincère dans sa relation avec les gens qui l’entourent, de ne pas se réfugier derrière une pose ou une attitude. Ce n’est pas quelqu’un qui cherche à masquer quelque chose ou à se faire passer pour ce qu’il n’est pas…

Avez-vous été surpris à la lecture du scénario par ce qui arrive à Manu ?

Je m’y attendais un peu. Marc, en cours d’écriture, m’avait quand même dit deux ou trois de ses idées, peut-être simplement pour les tester d’ailleurs... En revanche, j’ai découvert avec surprise cette histoire avec son gendre potentiel qu’il soupçonne d'être violent… Il n’est pas question que quelqu’un puisse toucher un cheveu de sa fille ! Je ne m’attendais pas à tant de détermination de la part de Manu, je ne pensais pas qu’il puisse être aussi menaçant même si, dans sa charcuterie, c’est un petit dictateur. Mais, justement, c’est très amusant à jouer : faire le dur, se prendre au sérieux dans un registre très différent…

N’avez-vous pas, parfois, le sentiment qu’au fond ce personnage que vous jouez pour la troisième fois, vous le connaissez mieux que et que vous pourriez donc avoir un droit de regard sur ce qui lui arrive ?

Non, je ne le connais pas mieux que lui. Bien sûr, je peux avoir une inspiration sur le moment, sur un dialogue, parce que dans la situation on sent que le personnage est plus à même de dire telle chose plutôt que telle autre mais globalement je préfère laisser à Marc l’imagination de ce qui va lui arriver. C’est complètement son travail. Et puis pour un acteur, c’est excitant de se laisser porter par les situations qu’est capable d’imaginer un scénariste. Là encore, au plaisir de retrouver ce personnage de Manu s’ajoute le plaisir de la surprise, de ce que Marc a bien pu envisager pour lui. D’ailleurs, je vois qu’effectivement il y a des rebonds possibles tout le temps. Je suis même sidéré de cette faculté que peuvent avoir les auteurs des séries de toujours inventer des situations qui surprennent, des développements inattendus. Comme on dit, «on se demande où ils vont chercher tout ça ! » Et Marc a cette qualité-là d’imaginer ce qui va arriver à ses personnages. On a le sentiment que cela peut ne jamais s’arrêter. Il peut toujours leur arriver quelque chose et quelque chose d’important qui bouleverse vraiment leur vie et qui soit, en même temps, complètement logique, complètement crédible. En plus, au-delà de leur côté divertissant et émouvant, j’ai le sentiment que plus on avance dans l’histoire de ces personnages, plus les films parlent, mine de rien, de notre époque et trouvent leur nécessité.

Vous avez dans cet épisode plusieurs scènes très fortes, très émouvantes, notamment avec … Y en avait-il une que vous appréhendiez particulièrement ?

Franchement, je me pose rarement ce genre de questions… Les scènes que j’appréhende particulièrement, c’est lorsqu’il y a de longues tirades, de longs textes à apprendre - ce qui est rarement le cas dans les films de Marc ! Ce qui est épatant, c'est que Marc ait réussi à faire passer dans l’écriture le vrai temps qui s’est écoulé entre les deux films. C’est une force, cette continuité : plus on connaît les personnages, plus on s’y attache, plus on adhère à ce qu’ils dégagent…


Comment qualifieriez-vous Florence comme partenaire ?

[Il réfléchit] Oui, je réfléchis ! Mais pour dire quand même quelque chose de très spontané : j’adore jouer avec elle. C’est tellement vibrant comment elle s’engage, comment elle ose, comme elle invente… Et puis, c’est une belle personne…
Qu’est-ce qui vous touche le plus dans l’évolution de Manu ?

C’est quelqu’un qui arrive à une forme de sagesse, qui tire des leçons de ses expériences, qui a un certain sang froid et qui remercie la vie. Il a conscience de sa chance et de son bonheur et il fait en sorte d’en être digne. Le plus surprenant peut-être est sa faculté à rester jeune. Alors que c’est un petit chef d’entreprise qui a réussi dans la vie, il garde toujours une part d’enfance importante. C’est peut-être cela d’ailleurs le point commun de tous les personnages de ce film, c’est ce qui fait que tout peut leur arriver. Leur vie n’est pas fermée… En tout cas, je vois aujourd’hui que je peux prendre en compte l’évolution de ce Manu, je vois ce que je peux lui apporter, j’ai plaisir à le retrouver et j’espère avoir le plaisir de le retrouver encore une ou deux fois.

En quoi diriez-vous que a le plus changé d’un film à l’autre ?

J’ai le sentiment de le retrouver toujours un peu pareil. On sent que c’est un homme qui s’épanouit en permanence, je ne sais pas jusqu’où cela peut aller ! Je sens sa force, sa présence, son autorité et sa bienveillance. Il a aujourd’hui quelque chose de plus tranquille que sur le 1…

Aimez-vous son principe de tourner à trois caméras ?

J’aurais tendance personnellement à dire que cela ne change pas grand chose. Sauf que c’est vrai qu’avec trois caméras, on oublie LA caméra ! Et donc, on ne joue pas pour elle. En réalité, cela lui permet d’avoir trois points de vue en même temps et finalement cela correspond bien à ce qu’il est, à son humilité…. Il y a des metteurs en scène qui en seraient totalement incapables car ils ne voient les choses que d’une seule façon. Marc, lui, est entièrement capable d’assumer trois points de vue.

Maintenant qu’un vrai lien affectif s’est créé entre le public et les Cœur des hommes, ressentez-vous une pression particulière à la veille de la sortie du 3 ?

Je suis d’un naturel à ne pas craindre ce qui va arriver, alors… D’ailleurs, je pense que le lien qui se tisse avec le public ne peut que se renforcer, parce que ce qu’on propose est sincère, parce qu’on le fait avec notre cœur…

Si vous deviez ne garder qu’un seul moment du Cœur des hommes 3

C’est une scène qui n’existe pas dans le film. C’était le dernier jour de tournage, on est tous les quatre dans une loge. Marc et Bernard à la guitare, on parlait, on chantait. Après, on a pris ma voiture, on a roulé, il y avait de la musique… C’était un moment très, très fort d’amitié. Ce n’était pas un moment du film mais il existait grâce au film. C’était un moment entre nous, qui n’était pas filmé…. Enfin, si… moi je l’ai quand même un peu filmé avec mon portable !

Entretien avec Marc Esposito

Aviez-vous dès le tournage du Cœur Des Hommes 2 l’idée du Cœur des hommes 3 ? Si non, à quel moment le déclic a-t-il eu lieu ?

J'ai toujours espéré pouvoir faire plusieurs films avec Le Coeur Des Hommes, depuis le premier. Donc je savais que si Le cœur des hommes 2 marchait, j’aurais envie d’en faire un troisième, c'était une évidence. Mais je n’ai jamais un épisode d’avance. A la fin de chaque Coeur des hommes, je ressens le besoin de laisser du temps, de travailler sur d’autres projets, avant de pouvoir me remettre à l’écriture du Cœur suivant… En avril 2009, quand Mon Pote a été reporté, j'ai écrit le début du Coeur des hommes 3 - vingt pages - et je l'ai envoyé à (producteur des Cœur). J'ai relu ces vingt pages récemment, plusieurs scènes sont toujours dans le film fini, quatre ans plus tard.

Entretien avec Bernard Campan

A quel moment vous a-t-il parlé du Cœur des hommes 3 ? Et quelle a été votre réaction ?

Très vite. Dès qu’on a vu que le Coeur 2 marchait, on a su qu’on allait faire le 3. Après, c’était entre les mains de Marc, il voulait faire d’autres films entre les deux, il fallait qu’il l’écrive… Mais c’est difficile de parler du 3 sans évoquer l’épisode Gérard [Darmon]. Dans le premier scénario que j’ai lu - et aimé - Jeff était là. Et puis, quand j’ai appris que Gérard ne faisait pas le film, j’ai pensé qu’on ne le ferait pas non plus. En tout cas, ça me paraissait impossible de garder le scénario que j’avais lu et de remplacer Gérard par un autre acteur. Marc a alors eu l’idée de réécrire un scénario sans Jeff – et où l’on raconte, sans trop donner de détails, qu’il s’est fâché avec les autres. Comme Marc l’a dit à Jean-Pierre qui, lui aussi, voulait essayer de le réconcilier avec Gérard : "Non, il n’y a pas moyen. Et si on se fâche dans la vie, eh bien on peut se fâcher dans un film !" Et il a écrit cette histoire de l’arrivée d’un nouveau dans la bande. Je dois avouer que j’étais sceptique bien sûr. Je me disais "Ce n’est pas possible, on ne va pas pouvoir faire le film, ça ne va pas fonctionner …" Et puis, progressivement, je me suis laissé embarquer par la confiance et l’enthousiasme de Marc… Pour en arriver, pendant le tournage, à sentir qu’il se passait là, sur le plateau, et dans le film aussi, quelque chose de neuf, de fort.

Entretien avec Eric Elmosnino

Quelle a été votre réaction lorsque vous a contacté pour faire partie de l’aventure du Cœur des hommes 3 ?

Nous nous étions rencontrés une première fois lorsqu’il préparait Ma Copine et nous nous étions très bien entendus. Nous nous sommes même quittés en ayant l’impression de nous connaître depuis dix ans. Le film ne s’est pas fait et un jour, des mois plus tard, j’allais voir Danièle Thompson et je tombe sur Marc dans la rue qui me dit qu’il allait justement m’appeler pour me parler d’un projet, sans me dire de quoi il s’agit. Quelques jours après, il m'a appelé, on a déjeuné... Quand il m'a dit qu’il s’agissait du Cœur des hommes 3, qu’il n’y avait plus Gérard Darmon, qu’il avait donc imaginé un nouveau personnage, et qu’il voulait que je sois ce personnage-là, je me suis dit : «Ah la vache ! »

Entretien avec Marc Lavoine

Quelle a été votre réaction quand vous a parlé du Cœur des hommes 3 ?

J’étais immédiatement partant et forcément excité de découvrir ce qui allait advenir à Alex et aux autres personnages. Bien sûr, le fait que Gérard [Darmon] et Marc qui étaient en froid ne se soient pas réconciliés a perturbé un peu le processus. J’ai essayé de les rabibocher mais j’ai vite réalisé que Gérard n’en avait pas vraiment envie… Et c’est là que Marc a eu l’idée de ce nouveau personnage, Jean, qui rejoignait la bande. J’ai trouvé l’idée tellement bonne que je me suis dit que, même si Gérard avait fait le film, il aurait fallu faire entrer un cinquième dans la bande…
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