Le Vilain petit canard

Le Vilain petit canard

Un film de .
Film à partir de 4/6 ans
Genres : Animation, Aventure - Durée : 1H16 mn
Sortie en salles le 02 Novembre 2011 - en VOD/DVD le 04 Avril 2012
Presse
Spectateurs
Sortie en salles le 02 Novembre 2011 - en VOD/DVD le 04 Avril 2012
Film à partir de 4/6 ans

Interview

ENTRETIEN AVEC GARRI BARDINE

Pourquoi avoir choisi de travailler sur Le Vilain Petit Canard ?

L’idée de mettre en scène Le Vilain Petit Canard, m’est venue d’une constatation qui m’inquiétait : l’absence de tolérance dans les sociétés d’aujourd’hui. Et la Russie n’est pas la seule concernée.
Le film a nécessité 6 ans de travail. Pendant cette période rien dans le monde n’a changé.
Malheureusement, ce thème reste actuel encore aujourd’hui.

Vous dressez le portrait d’une basse-cour bien singulière, sorte de société oligarchique hiérarchisée et bien réglée... Est ce pour vous un moyen d’apporter une critique sur l’ancien régime soviétique ?

Bien sûr, pendant l’écriture du scénario, j’ai pris du recul par rapport à ma vie, et à l’expérience acquise en vivant dans un état totalitaire. Dire que je critique l’Union Soviétique serait inexact. La basse- cour dans le film est une métaphore du totalitarisme, régime qui peut régner aussi en Afrique et en Asie... N’importe
où dans le monde.

Pour quelles raisons avoir choisi des compositions de Tchaïkovski pour orchestrer votre film ? Le choix des chœurs russes était - il indispensable selon vous ?

Quand j’ai décidé que le film prendrait une forme musicale, dans mon esprit s’est imposé tout naturellement le schéma suivant : « Le Vilain Petit Canard » – le cygne – « Le lac des Cygnes ». Et est-ce qu’il existe une musique dramatiquement plus forte que la musique de Tchaïkovski ? Non !
C’est la raison pour laquelle j’ai utilisé en plus des extraits du « Lac des Cygnes » la musique du ballet « Casse-Noisette ». Le compositeur - arrangeur a écrit une partition en s’inspirant de mes suggestions, après quoi l’Orchestre Philarmonique National de Russie sous la direction de Vladimir Spivakov a enregistré la magnifique musique du film. Le poète Youli Kim a écrit en vers toutes les chansons et l’autre étape a été l’enregistrement des morceaux vocaux.
Pour moi, il est très important que l’hymne de la basse-cour soit interprétée par un chœur. Le contrepoint dans le film est incarné par les trois chants solitaires du petit canard. Il était important pour moi de faire coexister le chœur et la voix solitaire du petit canard.

La réalisation de Le Vilain Petit Canard vous a pris 6 ans et vous avez mis en forme plus de 400 personnages. Pouvez-vous nous expliquer les difficultés auxquelles vous avez du faire face ?

Au studio seulement 25 personnes ont travaillé sur le film. En termes de quantité, ce n’est en aucun cas comparable ni avec les studios « Pixar », « Walt Disney, ou « Dreams Work ».
Nous avons créé 400 marionnettes. Tout ce que nous avons utilisé dans le film est le fruit d’un travail réalisé entièrement manuellement. Sans compter que le tournage est réalisé image par image. C’est pourquoi cela demande du temps. Mais l’essentiel, est que je souhaitais obtenir une qualité optimale de l’image et du mouvement.

Vous utilisez la technique du « stop motion » dans ce film, pourquoi l’avoir choisie ? N’êtes vous pas tenté par les nouvelles techniques d’animation qui sont monnaie courante aujourd’hui ?

Je connais les techniques nouvelles utilisées dans l’animation. Mais je tiens à continuer à faire des films à ma façon.
Il est peu probable que l’on puisse me taxer de conservatisme. J’ai utilisé dans tous mes films les techniques les plus variées : des allumettes, du fil de fer, de la ficelle, du papier...

Les thématiques développées par Andersen (La différence, l’absence de tolérance, le besoin d’être choyé, la recherche d’estime de soi... ) vous tiennent-elles à cœur ?

Ce que j’aime chez Andersen, ce sont son lyrisme et ses qualités de dramaturge. C’est un conteur qui est cruel, la sentimentalité n’est pas une qualité qui lui est propre. Il met son lecteur en condition pour affronter
les épreuves cruelles de la vie qui l’attend, mais il finit la plupart du temps sur une note d’espoir...

Andersen affirmait ne pas écrire de contes pour les enfants, qu’en pensez-vous ? Faites-vous vous même, vos films pour les enfants ?

Là je rejoins Andersen et le comprends. Sans tenter de me comparer à lui, je peux dire que je ne fais pas des films seulement pour les enfants, mais également pour leurs parents.
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