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Interview : Les Kaïra

    en DVD le 05 Décembre 2012

Interview de Franck, Medi et Jib

Commençons par un point de vocabulaire : pour les néophytes ou ceux qui sortiraient d'un long coma, c'est quoi une Kaïra ?

Franck
« Kaïra » c’est le verlan de « racaille », qui est synonyme de délinquant. Sauf que c’est devenu un qualificatif plus courant, plus populaire : on dit « tiens, tu lui as parlé comme une kaïra » ou « ton jean il est bien mais il fait un peu kaïra ». On n’a rien inventé puisque même en 95 dans La Haine, le mot existait déjà… Aujourd’hui « kaïra », ce n’est même plus synonyme de banlieue : à Dijon ou à Chalon-sur-Saône, on trouve des mecs en baskets et sweats à capuche dont on dit qu’ils ont le style « kaïra ». Je suis même étonné qu’il n’y ait pas eu plus tôt un film qui se soit appelé Les Kaïra.

Medi
Le mot a même perdu sa connotation négative : on dit « arrête de faire ta kaïra » comme on dira gentiment « arrête de faire le malin » ou de « arrête de jouer les canailles ».

Franck
Bon, là on voit que Medi a quarante ans parce que le mot « canaille » plus personne ne l’emploie (rires) !

Jib
Kaïra, c’est plus un style aujourd’hui. C’est lié à une culture urbaine, au rap, etc. Bref, ça dépasse largement les « quartiers » car ça fait belle lurette qu’on écoute aussi du rap en dehors des banlieues.

Avant d’être un film, Les Kaïra, c’est d’abord une série qui a cartonné sur le web. Histoire de rafraîchir un peu la mémoire des distraits ou des oublieux, peut-on rappeler la genèse de cette success story… à laquelle personne – même pas vous, j’en suis sûr – ne s’attendait ?

Medi
Ça a commencé comme ça en fait : j’étais chez moi, en train de faire la vaisselle ( !), j’ai entendu sonner et là, devinez qui était derrière la porte ? Franck, Jib, son pit et sa caméra. Tout de go, Franck m’a dit : « Medi, suis nous, on descend tourner un truc, je viens d’avoir une idée, une parodie de téléshopping à la sauce banlieusarde, on va faire ça en bas de chez toi ». Puis il a ajouté, avant même que j’ai le temps du lui poser une question : « ah, par contre… va falloir être bon parce que je n’ai pas de banc de montage donc chaque prise d’1’30’’ doit être parfaite !!! ».

Jib
Ça s’est passé sur un coup de sonnette quoi ! Et aucun de nous ne pouvait imaginer où ça allait nous mener.

Franck
C’est vrai, d’autant qu’on a vraiment commencé avec le minimum. Une caméra, un pied… et basta ! Une fois qu’on appuyait sur le bouton REC, on avait intérêt à assurer en un plan parce qu’on n’avait aucun moyen. Du coup, ce plan séquence, qui est un peu notre marque de fabrique, est né d’un total manque de moyen. Et paradoxalement, c’est ce qui a fait la force du programme parce que c’était tellement brut, réaliste, sincère que nombre de spectateurs nous prenaient pour des vrais racailles qui voulaient refourguer un ours volé ou des loups capturés dans la forêt (rires) !

Au départ, vos personnages de Les Kaïra existaient en épisodes d’1’30’’ dans une série désormais bien connue : Kaïra Shopping. Les déplacer sur le terrain du cinéma est un vrai pari. Comment êtes-vous passé du format court au long-métrage ?

Franck
D’abord, quand tu commences avec ton caméscope, au bas de ta tour, et que tu réalises tes sketches de Kaïra Shopping à l’arrache, il n’y a pas un seul moment où tu te dis « ça va finir par faire un film ». Tu imagines, au mieux, que tu vas atterrir sur Dailymotion et ça va juste faire rires les potes. Donc, en arriver là, pour nous, c’est complètement fou ! Au départ, on pensait même que notre humour était trop « segmentant », comme on dit en télé, et que le seul diffuseur possible de Kaïra Shopping était MTV. On s'est finalement trompé. Canal + nous a mis la main dessus. En même temps, on est tombé à une bonne période de l'histoire de Canal + puisqu'il cherchait à produire la première websérie de Canal + et très vite Arielle Saracco à la direction des programmes de Canal +, nous a demandé si on était capable d'en faire 40 épisodes pour une saison ! Et finalement, à la surprise générale - et surtout à la notre (rires) - ça a plu. On a eu de beaux papiers dans Technikart, Têtu, Le Monde, Télérama, etc. Canal+ nous alors déplacé du web à Canal+ Décalé puis Canal+ Sport puis enfin, pour la troisième saison, en clair sur Canal +. Donc, on a vraiment franchi les étapes les unes après les autres… en passant par la fenêtre au départ (rires) !
Et pour le film, ce n’est pas nous qui avons eu l’idée : c’est venu de Mathieu Kassovitz. A la fin d’un sketch qu’on tournait avec lui, il m’a lâché : « tu sais, tes personnages sont forts, tu devrais songer à les mettre dans une fiction ». Forcément, quand un type comme lui te dit ça, ça fait un peu son chemin dans ta tête ! Et même si, au départ, je ne m’en sentais pas capable – j’avais seulement écrit des petits sketches – je m’y suis mis, j’ai pondu cent pages et avec Save Ferris nous sommes allés voir Eric et Nicolas Altmayer (Mandarin Cinéma, les producteurs, entre autres, d’OSS 117). Ils m’ont dit : « c’est très bien… mais il reste beaucoup de travail ! » (Rires).C’était ma version 1… on a tourné la version 12 : entre les deux, un an s’est écoulé. Le film est donc le fruit d’un énorme travail et d’un vrai changement d’échelle : j’avais l’habitude de bosser seul dans mon coin et brusquement je me suis retrouvé convié à des réunions avec 60 personnes motivées pour réussir ce film ! Je n’avais jamais vu une telle énergie autour de moi. Je peux te dire que quand tu arrives 5 minutes en retard le matin, tu te sens ultra mal à l’aise parce que tous ces gens se sont levés pour toi (rires) !


Et vous, Jib et Medi, comment vous avez réagi quand Franck vous a parlé du film ?

Medi
D'abord, sans réfléchir, je lui ai dit « ok, on y va », puis en réfléchissant je lui ai dit… « ok on y va » (rires) !

Jib
Franck m'a juste demandé si j'étais capable de jouer dans un film d'1h30. J'ai répondu que je n'en savais rien… parce que je ne l'avais jamais fait ! Mais comme c’est mon pote et comme c’était un défi, j’ai dit « oui » !

Medi
Après, moi et Jib, on a dû aussi bosser comme comédiens. Faire le clown 2 minutes pour un sketch c’est une chose, donner vraiment vie à un personnage, c’est une autre dimension : on a donc bossé, bossé, bossé… et ça a payé.

Jib
On n’a pas encore tout à fait réalisé ce qui nous arrive, je crois. Entre les sketchs, Canal+, aujourd’hui le film, tout s’est enchaîné très vite. Je pense qu’on va comprendre le 4 juillet, à la sortie de Les Kaïra (rires). En attendant, merci Franck !

L'univers du film, c'est la banlieue, ses tours, ses bancs, ses communautés, son caïd, etc. : après La Haine, Ma 6t Va Crack-er et quelques autres, qu'est-ce que vous vouliez ajouter au tableau ?

Franck
La différence fondamentale, je crois, c’est qu’on a décidé de rire de la vie de quartier : Les Kaïra va beaucoup plus dans le sens de Les Lascars que de Ma 6t Va Crack-er. On dédramatise d’une certaine manière. Ce qui d’ailleurs me semble plus proche de la réalité : dans la plupart des cités, on se marre beaucoup, on ne fait pas de tournantes et on ne brûle pas de bagnoles !

Jib
Il parle bien, non (rire général) ?!

Franck
Au delà de ça, notre idée, ça a toujours été de caricaturer nos propres influences banlieusardes : oser rire de nous, de nos looks, de nos complexes, nos rapports aux filles, etc. Parce qu’on se marrait beaucoup plus avec nos potes en bas de la tour ou à l’arrêt de bus qu’avec les comiques de la télé. Donc, pour nos personnages on a chipé toute la gestuelle, les vannes, les tics de langages des lascars qu’on connaît… sans oublier les nôtres : Medi, par exemple, est l’un des mecs les plus drôles de France…

Medi
Merci Franck, tiens, voilà ta thune (rires) !

Franck
En plus, quand tu vois Jib faire du rap sur la tête ou jouer le cobaye pour des loups, c’est la barre de rire assurée ! Moi c’est pour eux que j’écris parce qu’ils me font trop rire tous les deux.

Medi
Ce qui a compté aussi c’est qu’on soit chacun issu d’un quartier différent : Franck vient de Melun (77), Jib de Dreux et moi des tours du XIIIe à Paris. Et ça implique des différences de parlé, de phrasé qui enrichissent aussi notre humour.

L’un des enjeux du film, c’est le rapport hommes/femmes : on sent bien que pour nos trois gaillards, les filles c’est un peu terra incognita ! Qu’est-ce que vous aviez envie de dire là-dessus ?

Franck
Quand j’ai commencé à écrire, j’ai discuté avec Géraldine Nakache (Tout Ce Qui Brille), qui m’a dit : « tu sais, l’essentiel c’est de parler de ce que tu connais ». Là, je me suis souvenu de toutes nos galères avec les filles et, j’ai vite réalisé que ça faisait un sacré sujet de comédie (rires) !

Medi
C’est une réalité : les mecs de cité sont souvent dans une vraie misère affective. Il y a un tel fossé qui les sépare des filles : entre les sœurs de tes potes, qui sont intouchables, celles qui veulent se marier, avec lesquelles c’est le parcours du combattant, et les filles plus légères, que tout le monde courtise… il ne te reste que tes potes (rires) !

Franck
Ou alors, tu prends ta bagnole et tu montes sur Paris… sauf qu’avec ton look de mec de Melun, tu es toujours perdant ! Du coup, plus sérieusement, je me suis dit en écrivant que là où mes trois gus seraient le plus drôles et le plus touchants, c’est dans leur rapport aux filles… j’en ai eu la confirmation un jour, en allant bêtement au supermarché de ma cité : là, j’ai croisé la terreur de mon adolescence, un caïd qui faisait trembler tout le monde, avec femme et enfant. J’ai tendu l’oreille et je l’ai entendu s’interroger sur la qualité des laits pour bébés ! Alors, je me suis dit, « tu tiens ton sujet : personne ne peut rester une kaïra toute sa vie… et c’est toujours une fille qui te tire vers le haut ».

Au début de l’intrigue, nos lascars rêvent de réussir dans le X (ils ne doivent pas être les seuls d’ailleurs !) Comment vous expliquez cette fascination ?

Franck
Le X fait partie intégrante de la culture du mec de banlieue, avec le hip-hop. D’ailleurs les stars du rap (SnoopDogg, 50 cent, etc.) ont été les premières à mettre des filles du X dans leurs clips. Par ailleurs, tous les lascars savent qu’un hardeur comme Manuel Ferrara, vient du 93 : il voulait être prof de sport mais comme il avait un niveau scolaire moyen, il a commencé à faire du X amateur et puis est devenu porn star à L.A. : il collectionne les supers bagnoles et sa vie c'est de coucher avec des filles sublimes ! Alors forcément, quand tu es un galérien de cité, que tu n’as ni voiture, ni argent, ni travail, ni sexualité, et que tu tombes sur une annonce « devenez star du X » comment ne pas être tenté par cette aventure là ?

Medi
D’autant que les gars de cité jouent trop les fiers à bras, les bonhommes pour savoir draguer : du coup, ils se font rembarrer (rires) ! Alors, il leur reste le X – où tout est beaucoup plus simple, forcément – pour rêver. Mais c’est surtout le signe qu’ils sont en manque d'amour et d'affection, tout simplement.

Franck
Ce qui m'intéressait aussi c'était d’utiliser les ressorts comiques inhérents au X, son côté un peu grotesque parfois, en donnant par exemple à un rôle de producteur porno. De même, c'est Francis Kuntz, de Groland, qui joue l'un des réalisateurs X du film. Et puis c'était drôle d'imaginer ces trois pieds nickelés qui se rêvent porn stars… sans même jamais avoir imaginé un seul instant que techniquement c'est quand même très compliqué d'être acteur porno !

L’univers comique du film tient du loufoque, de la sortie de route surréaliste, du dialogue cinglant (on dirait du Audiard de cité). Comment faites-vous pour avoir de pareilles idées les gars ?


Jib
C’est simple… nous, on se vanne tout le temps !

Medi
C’est une forme d’instinct de survie verbale : si on se fait tailler, il faut pouvoir répliquer très vite… sinon tu passes pour un baltringue.

Franck
Oui, notre sincérité vient de là aussi, ces gars là c’est nous il y a dix ans !

Lors des premières projections, l’une des comparaisons qui venaient le plus souvent à l’esprit des spectateurs c’est Judd Apatow (Supergrave, 40 ans, Toujours puceau). Ça vous paraît sensé ? On pourrait mettre qui d’autre au panthéon de vos influences ?

Franck
C'est une référence qui n'est pas facile à assumer car là on parle pour moi d’un maître de l'humour nouvelle génération. Judd Apatow, c’est un type qui peut à la fois te plier de rires avec de grosses blagues qui tachent mais aussi te faire glisser dans l’émotion… et même t’apprendre deux ou trois trucs ! Alors est-ce que j'ai réussi à faire ça ? Je n'en sais rien, ce n'est pas à moi de le dire. Toujours est-il que Supergrave était, de loin, une de mes références pour ce film.

Vous avez dans le film des partenaires de haut vol : , , . Trois énormes talents comiques, qui travaillent dans des registres très différents. Comment les avez-vous convaincus de venir sur le film ? Peut-on parler de « parrains » de comédie ?

Franck
Oui, clairement. On a tellement d’admiration pour eux : on est comme des gosses !

Medi
Quand tu te lèves le matin et que, sur ta feuille de service, tu lis « comédien aujourd’hui : », c'est surréaliste ! Deux jours avant, j'étais en train de regarder ses vidéos de François l’embrouille sur internet à me marrer comme un fan !

Franck
A la liste des comiques qui sont un peu nos parrains on peut ajouter Omar. Il a été l’un des premiers à nous faire savoir qu'on le faisait marrer avec nos sketchs sur Canalplus.fr. Il devait être dans Les Kaïra, mais pour des histoires de planning ça n'a pas pu se faire. On s'est recroisé récemment et il nous a dit « ça m’emm… de ne pas en être les gars, je considère que la banlieue doit avoir son cinéma. Alors si je peux faire quoique ce soit pour vous, n'hésite pas ». Donc on a eu l'idée d'un teaser qui annoncerait qu'Omar fait partie du film… suivi d'un démenti, ah (rires) ! Et on s'est donc retrouvé chez lui, une demi-heure avant qu'il parte aux César, à tourner cette petite vidéo qui a finalement fait un buzz d’enfer sur internet !
, lui, c'est la famille, c’est un vrai pote. Il voulait jouer dans Les Kaïra… avant même qu’on ait l’idée du film (rires) ! Mais nous, on se disait qu'il avait un emploi du temps surchargé, qu'il pourrait au mieux nous accorder une journée… donc je lui ai proposé un tout petit rôle. Et là il m'a engueulé : « Ah mais non, moi je veux un vrai rôle Franck, je veux venir 10 jours, 15 jours sur le film ! » Voilà, c’est comme ça que est devenu Warner, le caïd du quartier.
Elie, lui, on regarde ses sketchs depuis qu'on est ado et il avait eu la gentillesse de venir gratuitement faire un Kaïra Shopping avec nous. C'était donc naturel qu'on lui propose quelque chose : seulement je lui ai proposé un rôle un peu singulier à assumer et il a accepté : c’est assez surprenant, vous verrez !


On trouve aussi d’autres caméos dans le film : , Mafia K’1 Fry… ou encore , dans un rôle ahurissant ! Là encore, comment ont-ils dit « oui » ?

Franck
avait vu nos sketchs, ça l'a fait marrer et je lui ai balancé l'idée (je flippais un peu j’avoue) d’incarner… un entraîneur de foot pour nains ! Mais ça l’a fait mourir de rire : à tel point que les vannes que Cantona balance dans le film, ce sont les siennes. Moi je lui ai juste dit que ce serait super drôle qu'il entraine cette équipe un peu particulière et il est parti au quart de tour. C'est là où on voyait la vraie bonne volonté : même si Canto a un emploi du temps de malade, même si tu dois tourner la scène à 6h du mat' parce qu'il doit être au théâtre à 13h, il est là et tu n’en reviens pas.
Quant à la Mafia K’1 Fry, ils ont aimé le propos des Les Kaïra, ils ont trouvé ça sincère et bien senti, voilà pourquoi ils font une apparition avec un de leur morceaux cultes : ça nous a fait plaisir parce qu’ils ont une vraie streetcredibility… comme disent les gars de quartiers qui ne dormaient pas en cours d’anglais !
, lui, nous suit depuis le début parce qu'il aimait nos sketchs. Il a donc lu les toutes premières versions du scénario et en plus de jouer son propre rôle, il a signé une grande partie de la B.O. du film. Je voulais avoir le de La Haine.


Jib
C'est à travers le regard de tous ces guests qu'on mesure aussi le chemin parcouru : depuis nos petites conneries en caméscope en bas de nos tours… jusqu’à faire rire ces gens qui sont des idoles pour nous… et tous les avoir sur un plateau : tu te pinces parfois, tellement c’est énorme !

Il y a entre vous trois un vrai sens de la répartie, les vannes fusent, les répliques claquent : on sent un vrai plaisir de la joute verbale. Ça vient d'où ?

>Franck
La vanne, c’est le sport national des quartiers, du bas de la tour, de l’arrêt de bus. Je peux te dire qu’on est entrainés depuis tout petit… surtout que Medi, comme il a grandi dans le XIIIe avec toutes les communautés possibles, il imite à la perfection tous les accents de la planète.

Jib
Pour moi, le petit de la bande ça a été une autre école : j’ai appris à répliquer du tac au tac, à réfuter, et puis à en rire aussi : je suis le « petit », bon bah voilà…

Medi
Surtout que de nous trois, c’est Jib qui joue le mieux au foot, ah : impossible de lui faire un petit pont (rires) !

Franck, toi qui es un peu la cheville ouvrière du groupe, tu nous concoctes quoi après Les Kaïra?

Franck
Sincèrement, ce qu'on espère c'est que notre rêve ne va pas s'arrêter le 4 juillet et qu'après on va pouvoir faire d'autres films. Nous sommes au stade où c'est le public qui va décider de la suite. Alors, pourquoi pas le cinéma, ou même la scène ? s'est proposé de nous mettre en scène sur les planches, ça peut être décoiffant. On est déjà très fiers d’être les premiers à être passés d'une websérie au cinéma… le tout rentrant par la fenêtre (rires) ! Le jugement tombera le 4 juillet : et si le public a envie de nous revoir, ce qui est sûr c'est qu'on a déjà quelques idées pour la suite !