Pouvez-nous dire, en quelques lignes, comment vous avez eu l’idée, et l’envie, d’écrire ce blog ?
À l’origine, j’ai ouvert ce blog parce que je voulais essayer de changer le regard de quelques personnes sur le métier que je pratiquais. assez de voir ce métier déprécié, de voir les caissières transparentes dans les yeux des clients. et je trouvais que raconter le quotidien de ce métier à travers des anecdotes humoristiques, ça pourrait donner une nouvelle image des caissières. c’était un projet très utopique et je ne savais pas si j’aurais assez d’histoires à raconter, si j’aurais envie d’alimenter ce blog sur le long terme et si cela intéresserait de potentiels lecteurs. il faut croire que si finalement...
À quel moment vous êtes-vous dit qu’il pouvait faire l’objet d’un livre ?
Quelques mois après l’ouverture du blog. À la base, c’était un rêve que je caressais depuis mon adolescence (comme beaucoup d’autres) de devenir auteur et ce blog qui attirait toujours plus de lecteurs me laissait entrevoir cette possibilité. ceci dit, ce qui a vraiment déclenché la possible publication du livre, c’est la médiatisation qu’a connu ce blog fin 2007, début 2008.
Aviez-vous conscience, d’une manière ou d’une autre, que vous pouviez déclencher un tel mouvement ?
Bien sûr que non ! toucher les gens de manière virtuelle via un blog, des textes et des histoires, c’est une chose, les faire réagir dans leur quotidien en est une autre. Vous savez, à l’origine du blog, je rêvais de changer le regard de quelques clients sur mon métier, aujourd’hui, je crois avoir légèrement dépassé cet objectif.
Y avait-il chez vous une conscience politique et sociale dans votre démarche ?
aucune. le but était de toucher les gens sans y mettre aucune couleur politique ou sociale. Juste en racontant des faits.
Avez-vous jamais eu l’idée que cela pouvait être transposé au cinéma ou au théâtre ?
J’ai eu des contacts très rapidement après la sortie du livre (et même déjà avant) pour des projets cinéma ou théâtre. J’ai cru que ce serait le projet théâtre qui aboutirait, comme quoi tout le monde peut se tromper... et je suis très contente que ce projet cinéma soit arrivé à terme, parce que ce genre de projet est forcément une relecture du texte original et offre une autre vision du métier.
Quelle a été votre première réaction quand Michel Siksik et Pierre Rambaldi vous ont contactée ?
J’ai vérifié si ce n’était pas une blague (rires).
Qu’avez-vous pensé de la transposition de votre livre – un recueil de chroniques – en continuité dialoguée et scénarisée ?
Pour moi, il était indispensable de créer une histoire autour de mes anecdotes. Il me paraissait impossible de faire un film avec des séquences comme celles que je raconte dans mon bouquin. Michel a réussi à créer une atmosphère, une épaisseur des personnages, à les faire évoluer à l’extérieur du magasin ; à leur donner une vie en
Quel a été votre sentiment s’agissant des dialogues ?
Certains passages m’ont vraiment fait sourire, d’autres réagir. il y a un bon mix entre les différents sentiments qu’on peut éprouver dans nos vies. de plus, ils coulent bien et offrent un élan de spontanéité qui transporte le spectateur sans se poser de questions. Et mine de rien, retrouver quelques répliques «mot pour mot» que j’ai entendu, vécu et écrit dans mon bouquin, les voir transposées à l’écran, ça fait un sacré choc !
La dimension «conte de Noël» vous a-t-elle plu ?
oui, parce que c’est le genre de film qui permet d’oublier notre quotidien, qui nous transporte dans un autre monde tout en gardant un fond social, en n’oubliant jamais qui sont les personnages qui portent l’histoire. Cela permet aussi de ne pas s’appesantir outre mesure sur les difficultés du métier et d’offrir une respiration aux spectateurs.
Le film se rapproche souvent de la comédie romantique anglo-saxonne. Qu’en avez- vous pensé ?
J’ai trouvé que c’était bien mené, c’est effectivement très conte, quelque part on rêve toutes du prince charmant et pour une fois qu’il vient en grande surface, on aurait tort de s’en priver…
Tout en s’éloignant nécessairement du matériau de départ, le scénario – et le film – vous semblent-ils fidèles à l’esprit du livre ?
c’est la grande force du film,
Michel Siksik et
Pierre Rambaldi ont été capables de se détacher du livre, de créer une histoire, de faire vivre les personnages en gardant les messages que je fais passer dans mon livre, tout en accentuant certains propos (la mise en images rend certaines scènes logiquement beaucoup plus fortes).
Vous avez découvert le film il y a peu de temps. Quelle a été votre réaction ?
J’appréhendais le visionnage, craignant d’être déçue par le résultat (je crois que c’est une réaction logique), mais finalement, j’ai été transportée par l’image dès le générique de début (j’adore ce système de raconter l’histoire en quelques images animées) et n’ai pas vu le temps passer.
À la fin du film, j’ai eu le sentiment d’avoir revécu mes histoires à travers le prisme d’une personne extérieure qui se serait appropriée certains aspects de ce que j’avais raconté tout en ajoutant une vision très personnelle.
L’incarnation des personnages à l’écran vous a-t-elle convaincue ?
Les personnages sont touchants, justes et j’ai été, je l’avoue, réellement bluffée par l’interprétation de
Déborah François. Avant de voir le film en entier, je ne parvenais pas à voir comment elle pouvait incarner le métier de caissière, finalement, elle l’a très bien cerné, tout en gardant un côté très innocent. en visionnant le film, j’ai trouvé que chacun était dans le ton, sans en faire trop.
Aimeriez-vous, à l’avenir, participer à l’écriture d’un scénario ?
C’est un exercice d’écriture qui me tente bien, très différent de l’écriture narrative à laquelle je suis habituée, mais qui permet de donner une autre dimension à un texte, une histoire, une idée. Le côté travail du dialogue aussi m’amuserait beaucoup je pense. Fin de compte. Voilà qui humanise d’autant les caissières ! et puis, l’histoire qui est racontée fait du bien.