The Saboteur résiste sur consoles (jeu vidéo)

 
Quelque part entre Inglourious Basterds, Sin City et La Liste De Schindler, bercé par des dialogues à la Michel Audiard époque Les Tontons Flingueurs, et des explosions et d'une action à tout va digne d'un Michael Bay, voilà un tout nouveau jeu vidéo : The Saboteur, attendu comme l'un des gros hits de la fin 2009. Et si le soft déçoit quelque peu rapport aux promesses faites tout au long de l'année, il se révèle être un titre tout bonnement explosif sur d'autres points. The Saboteur est-il LE jeu vidéo à retrouver sous le sapin ? Réponse dans notre test ci-dessous. Par contre, attention, ce jeu vidéo est déconseillé aux -18 ans.

Basé sur une histoire vraie, The Saboteur a pour héros Sean Devlin, un pilote de course irlandais qui a grandi dans la rue et qui se retrouve piégé derrière les lignes ennemies dans la France occupée des années 1940.

the saboteur

Appelez le Super Résistant !

Pas de chi-chi entre nous, Sean Devlin l'irlandais est sans conteste un super résistant : imperméable aux balles, aux explosions et capable d'escalader la Tour Eiffel comme d'autres enfilent un collant rouge. Loin de la bombe à laquelle je m'attendais en ayant pu regarder de ci de là les vidéos et autres news, The Saboteur n'est certes pas le soft que j'espérais. Les premières heures du jeu sont assez laborieuses, hachées par de trop nombreux temps de chargement, et surtout ne correspondent pas à ce que l'on nous promettait. Concrètement, cela signifie que le jeu fait beaucoup de promesses - notamment en terme d’infiltration - alors qu'en réalité ce n’est pas nécessaire, mais en plus c’est quasi-impossible ! En effet, les ennemis à la croix gammées sont doués de sens tellement affûtés que si l’on tue un soldat allemand dans une ruelle sombre et isolée, Sean est repéré par une patrouille qui se trouve deux rues plus loin. Et c’est absolument systématique. Encore plus frustrant, tant que l’on reste dans la zone de recherche (symbolisée par un gros cercle rouge sur le radar) on peut monter sur un toit ou emprunter des rues désertes, peu importe les Allemands savent toujours où l’on se trouve ! En soi, c’est donc un défaut majeur si l'on prend The Saboteur pour un soft mêlant action et infiltration.

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Mais (car il y a un mais) quand on sait à quoi s'attendre, qu'on comprend qu'il s’agit d’action, toujours plus d’action et de beaucoup d’explosions. Qu'à la manière de Michael Bay, Pandemic semble avoir un amour immodéré pour les choses qui explosent dans tous les sens. Que The Saboteur s'apparente plus à un Mercenaries 2 qu'à un Assassin'S Creed 2, là on n'est pas déçu du voyage. Sean se balade dans une ville ouverte et peut tout faire sauter à sa guise, en mêlant habilement action, aventure et course.

Le studio Pandemic (qui signe là son dernier titre) propose un GTA-like esthétique aux dialogues savoureusement gratinés à la Michel Audiard rappelant Les Tontons Flingueurs, bénéficiant d'un graphisme et d'une esthétique de La Liste De Schindler ou de Sin City car ceux qui souffrent de la domination allemande adoptent un point de vue en noir et blanc, où les seules pointes de couleur sont les bannières rouge et le sang. La plupart du temps, il y pleut et le ciel est arqués d'éclairs : c'est franchement une réussite et une vraie originalité... Les zones libérées quant à elles, au contraire sont colorées, le ciel est bleu et les oiseaux chantent comme dans un Disney. The Saboteur s'inscrit juste après la sortie du film de Quentin Tarantino Inglourious Basterds et bénéficie du coup d'une bonne cote de sympathie. Qu'il est bon de casser du nazi, d'exploser du facho, de ventiler façon puzzle de l'aryen ! Sans pour autant s'attarder sur l'idéologie raciste mais plus en mettant en scène une occupation militaire autoritaire "lambda" face à la résistance. Résistance pas réellement idéologique puisque cet antihéros y participe simplement pour venger son ami.

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Du coup vous l'avez compris, dès que Sean doit plastiquer un immeuble pour sauver la liberté et venger son compagnon, vous pourrez essayer de vous en approcher "discrètement" mais très vite il faudra défourailler à tout va, affronter des chars, des nazis, des zeppelins... Bref faire tout péter mieux qu'au 14 juillet ! Pour se faire, vous serez aidé par la prise en main. La maniabilité est globalement intuitive et répond bien, mais certaines actions comme la grimpette sont un peu approximatives et manquent de souplesse. Pas réellement gênant puisque si l'escalade est toujours intéressante pour le joueur, elle n’est jamais vraiment exploitée. D’une part, parce que le héros n’a pas la grâce féline d’Ezio ou d’Altaïr et d’autre part parce qu’évoluer sur les hauteurs ne donne jamais de réels avantages tactiques. En revanche niveau assassinat il carbure notre mécano avec mitraillette, snipe, dynamite ... Ca dépote et ça rigole pas ! Enfin, les courses de voiture ponctuent l'aventure avec succès (bien qu'un peu trop "arcade"), et de très nombreuses missions annexes assurent une durée de vie conséquente. Dernier regret, dommage que le doublage soit quelque peu raté, qu'il est difficile d'entendre les répliques avant même que le personnage ne remue les lèvres ...

De prime abord, The Saboteur peut faire une drôle d'impression. Puis on lui pardonne ses défauts qui lui coûtent (selon moi) la première place sous le sapin. Son IA quasi bionique, avec des nazis dotés de super sens capables de vous repérer où que vous alliez. Son infiltration bancale forcément décevante pour qui s'attend à un jeu du genre, ses approximations géographiques diverses, sa technique qui manque de finition (caméra, collisions), la rigidité de Sean lors des ascensions... Tout ça est à mettre en balance avec l' identité esthétique indéniable, le charme, l'action ultra musclée, le glamour de l'époque, et surtout d'être à la tête d'un fou furieux nazicide. Alors finalement, The Saboteur est tout simplement explosif, à retrouver sous le sapin !

The Saboteur - un jeu vidéo disponible sur PS3, XBox 360 et PC. Editeur : EA Games

Grégory Vhé (10 décembre 2009)

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