Notes de Prod. : Harvey Milk

    en DVD le 16 Septembre 2009

Une approche directe

Pour retracer l’homme et son œuvre, Dustin Lance Black est passé par plusieurs réécritures de son scénario sur une durée de presque quatre ans. « Je n’avais pas l’argent nécessaire pour faire le film moi-même,et il a fallu convaincre tous ces gens de me donner l’autorisation d’utiliser leurs histoires. Cleve Jones déclare : « J’ai trouvé le scénario de Lance magnifique. La structure en était très simple et élégante. La voix d’Harvey s’y élevait, haute et claire,je pouvais même l’entendre prononcer les mots que Lance avait écrits. J’ai dit à Lance :« J’ai un réalisateur pour toi », mais sans lui révéler de qui il s’agissait. Je savais que si mon ami Gus Van Sant réalisait ce film,ce serait vraiment un film sur Harvey,fait par un réalisateur qui se mettrait totalement au service de son sujet.» Dustin Lance Black se souvient :« Quand Cleve m’a finalement dit que l’ami qui voulait réaliser le film n’était autre que Gus Van Sant, j’étais fou de joie ! »
Cleve Jones a appelé Gus Van Sant et a organisé une rencontre avec Black. Mais le scénariste n’a pas voulu donner son scénario à Van Sant avant une dernière réécriture. Il lui a envoyé son scénario un peu plus tard à Portland. Une semaine et demie après l’avoir reçu, Van Sant appelait Black pour lui dire « On fait ce film ! ». Gus Van Sant observe : « Le documentaire The Times Of Harvey Milk avait placé la barre très haut,mais j’avais le sentiment qu’un film dramatique serait une continuation importante de ce qu’avait entrepris Milk.Je connaissais déjà beaucoup de choses à son sujet au moment où j’ai reçu le script. Je savais que ce serait difficile à raconter parce qu’il y avait énormément d’éléments,dans la vie de Milk,et beaucoup d’autres histoires qui croisaient la sienne.Mais Lance a su trouver le fil,il a écrit un script maîtrisé,dense,qui se tenait parfaitement et traitait largement de la politique et moins de la vie quotidienne des personnages.

« Harvey Milk est l’un des plus célèbres militants de la cause homosexuelle,et parce qu’il est mort dans l’exercice de son devoir,il a une certaine aura de sainteté dans l’univers gay.L’une des raisons qui m’ont poussé à réaliser ce film est que je voulais m’adresser aux jeunes générations qui n’ont pas connu ce temps-là,pour qu’ils le découvrent,se souviennent de lui et apprennent ce qu’il a fait pour tant de gens.» Souvent,dans les films précédents de Gus Van Sant,les protagonistes sont des gens à qui la société ne fait pas de cadeau. Le réalisateur explique : « Harvey Milk s’inscrit dans la ligne de ces personnages,des êtres en dehors de la norme.Et cependant,c’est aussi l’histoire de quelqu’un qui a rassemblé les foules,qui vivait avec les gens.» Dustin Lance Black était ami des producteurs Dan Jinks et Bruce Cohen, oscarisés pour American Beauty.

Tous deux avaient entendu parler d’Harvey Milk quand ils étaient plus jeunes – le père de Jinks avait été rédacteur du San Jose Mercury News,qui suivait les campagnes et les succès de Milk. Dan Jinks note : « J’avais lu que Lance avait écrit un scénario sur Harvey Milk et que Gus Van Sant allait le réaliser,j’ai donc appelé Lance pour le féliciter. Il m’a dit alors :« Tu sais, on n’a pas de producteur. Ça t’intéresserait de lire le script ? ». J’ai fait :« Tu plaisantes ? Bien sûr que ça m’intéresse !»

Dan Jinks remarque : « L’une des forces du scénario est son authenticité, parce que Lance a fait des recherches extrêmement poussées.Il raconte l’histoire héroïque d’Harvey avec puissance,mais aussi avec humour et sentiment.Ce scénario,combiné à la volonté d’investissement personnel d’un cinéaste de réputation internationale,nous a poussés à dire tout de suite oui au projet.» Dan Jinks,Bruce Cohen,Dustin Lance Black et Gus Van Sant ont alors parlé des étapes suivantes.Van Sant a proposé d’intégrer des images d’archives et d’anciennes émissions d’actualités télévisées à l’intérieur du film, pas seulement avant ou pendant le générique de fin comme c’est souvent le cas dans les biopics. Tandis que le projet se concrétisait,le nom de Sean Penn était apparu dans l’esprit de tous.Bruce Cohen note :« Il a une manière bien à lui d’habiter un personnage,de devenir ce personnage au point qu’on ne discerne plus du tout l’acteur.» Dan Jinks ajoute :« Sean aime surprendre dans tout ce qu’il fait, Gus Van Sant connaissait l’acteur, qui vit maintenant dans la baie de San Francisco, et lui a envoyé le scénario.
Penn a répondu plus rapidement encore que Van Sant : en une semaine à peine, Dustin Lance Black et Gus Van Sant le rencontraient pour confirmer le projet. Dustin Lance Black déclare : «Nous sommes toujours soucieux de savoir si un acteur jouant le premier rôle est prêt à prendre des risques.Mais Sean nous a dit :« Faisons ce film comme il faut.Disons les choses comme elles sont.» Sean a fait de gros efforts pour rendre les choses aussi authentiques que possible. Il est entièrement dévoué à la vérité,à la précision,et il a fini par incarner à la perfection l’esprit d’Harvey Milk.» Dan Jinks raconte :«Chaque jour,sur le plateau,c’était un émerveillement pour nous tous de voir Sean se transformer en Harvey.Les gens qui avaient connu le vrai Harvey étaient stupéfaits par cette métamorphose.»

Gus Van Sant déclare : « Sean apporte à son interprétation cette intensité des comédiens d’autrefois,une excellence absolue dans le jeu.» Sean Penn remarque :« Il n’y avait pas seulement un excellent scénario sur lequel se reposer,il y avait aussi quantité d’archives.Je suis tombé littéralement amoureux de la personnalité d’Harvey,de son esprit.L’incarner a transcendé ma démarche d’acteur.» et à mon sens,il est capable de tout jouer.»

Notes de tournage...

Le 10 Septembre 2007 - Sean Penn en député gay

L’acteur américain devrait tourner sous la direction de Gus Van Sant dans le biopic sur Harvey Milk, premier politicien américain ouvertement gay dans les années 1970.

Le film, qui n’a pas encore trouvé son titre, devrait entrer en production au début du mois de décembre prochain à San Francisco, si Gus Van Sant parvient à trouver le financement nécessaire auprès du producteur Michael London et sa société de production Groundswell Prods.

Le réalisateur Brian Singer est lui aussi sur les rangs pour tourner un long-métrage sur Harvey Milk, intitulé The Mayor of Castro Street. Mais entre le tournage de Valkyrie en ce moment à Berlin, et bientôt celui de Superman: Man Of Steel, il n’est pas sûr que le projet de Singer aboutisse avant celui de Gus Van Sant.

Devant la caméra de Gus Van Sant, on devrait retrouver Sean Penn et Matt Damon. En interprétant le rôle d’Harvey Milk, premier député ouvertement homosexuel, ce sera la première fois que Sean Penn jouera un personnage gay.
Matt Damon – si son emploi du temps quelque peu chargé le permet – devrait quant à lui prendre les traits de Dan White, qui tira sur Milk et le maire de San Francisco, George Moskone, en 1978. Condamné à une peine de sept de prison, White s’est suicidé en 1985, après cinq années d’enfermement.

Chronologie

1930,22 mai. Naissance d’Harvey Bernard Milk à Woodmere,dans l’Etat de New York.
1946 Milk entre dans l’équipe de football junior de Bay Shore High School, dans l’Etat de New York.
1947 Milk sort diplômé de Bay Shore High School.
1951 Milk obtient son diplôme de mathématiques de la State University (SUNY) d’Albany et entre dans l’U.S.Navy.

Notes de production

Milk et le quartier de Castro
Lorsque Milk et son compagnon, Scott Smith, se sont définitivement installés à San Francisco en 1972,ils ont choisi de vivre à Eureka Valley,dans le 5e District. C’était un quartier en transition qui allait bientôt être rebaptisé le District Castro, ou « Le Castro ». Eureka Valley était le centre de la culture scandinave à San Francisco jusqu’à ce que, dans les années 1930, le quartier soit peu à peu habité par une majorité d’ouvriers d’origine irlandaise. À la fin des années 60 et dans les années 70, des gays, dont certains étaient hippies, s’y sont installés. Bien qu’il y ait parfois eu des conflits avec les résidents ouvriers aux valeurs conservatrices, c’était l’un des rares endroits en Amérique où les homosexuels pouvaient vivre dans une relative liberté. Milk et Smith y ouvrirent une boutique,Castro Camera,au 575 Castro Street, près de la 19e Rue.

Sur les traces d’Harvey Milk

Tout mouvement a besoin d’un héros. Mais au fil des années, quand le changement s’est installé pour de bon, on oublie souvent qu’à l’origine de cette amélioration, il y a une personne qui s’est battue pour faire bouger les choses. Dustin Lance Black, le scénariste de Harvey Milk, a entendu parler pour la première fois d’Harvey Milk par un de ses mentors tandis qu’il travaillait dans le théâtre,au début des années 90.Quelques années plus tard,il a regardé le documentaire oscarisé en 1984, The Times of Harvey Milk. Il se souvient : « La fin de ce film montrait Harvey Milk prononçant un discours. Il disait : « Quelque part à Des Moines ou à San Antonio,il y a un jeune gay qui peut lire dans le journal « Un homosexuel a été élu à San Francisco.Il saura alors qu’il existe l’espoir d’un monde meilleur, de lendemains plus heureux.» « J’ai fondu en larmes,parce que j’ai moi-même été ce jeune homme, et qu’il m’avait donné de l’espoir.Ce qu’il disait,c’était non seulement que nous ne faisions rien de mal,mais qu’en plus,nous pouvions accomplir de grandes choses.C’était une époque très dure pour la communauté gay,avec le sida.

Le passé au présent

Harvey Milk a été entièrement tourné à San Francisco. Harris Savides y avait déjà tourné Zodiac deux ans auparavant.Le quartier général de l’équipe du film se trouvait à Treasure Island. Dustin Lance Black explique : « Jamais nous n’aurions tourné ce film ailleurs. Le film tire son esprit et son énergie de San Francisco.»

Castro Camera

Le producteur note : « Nous cherchions un lieu pour recréer Castro Camera,et nous avons fini par aller à l’emplacement exact où s’était trouvée la boutique,au 575 Castro Street.Nous sommes entrés dans le magasin actuel et avons dit :« Pouvons-nous vous emprunter votre boutique pendant neuf semaines et la retransformer en ce qu’elle était il y a trente ans ? ».

Les costumes

Danny Glicker, le chef costumier, et son équipe se sont eux aussi beaucoup basés sur les diverses collections de photos. Il note : « Sur un plan strictement visuel, mon ange gardien était Danny Nicoletta. Dans les années 70, San Francisco était le lieu où explosait le changement culturel ; tout était en constante évolution. L’énergie qu’il y avait là-bas attirait les gens. En tant que chef costumier,c’était un défi très séduisant,mais colossal ! Le secret, c’était de soigner tous les détails. « J’aime les vêtements d’époque,et j’en utilise le plus possible. Rien ne vaut l’authentique !

San Francisco : retour aux années 70

Les habitants de San Francisco se sont aperçus que certaines parties de la ville avaient reculé dans le temps pendant plusieurs semaines.Voir renaître des hauts lieux de la ville comme Aquarius Records, China Court et Toad Hall en a surpris plus d’un. Des histoires ont refait surface, les gens se sont mis à échanger leurs souvenirs, et l’excitation d’une époque de bouleversement et d’une nouvelle foi dans le potentiel des gens s’est à nouveau fait sentir. Comme il l’avait fait de son vivant, Harvey Milk rassemblait les gens...

L’héritage d’Harvey Milk

Les effets des accomplissements d’Harvey Milk ont toujours des échos dans la culture et la politique d’aujourd’hui. Le mouvement pour les droits civils des homosexuels a fait un long chemin, mais il lui en reste encore à parcourir...
Certains pays, dont le Canada, l’Espagne et le Danemark, ont légalisé le mariage de deux personnes du même sexe. Quelques Etats américains tels le Massachusetts et la Californie ont suivi.

Souvenirs

Harvey Milk
Discours de 1977 : « J’ai été élu pour ouvrir un dialogue au nom de la sensibilité de tous les gens, au sujet de tous les problèmes. Les problèmes qui touchent cette ville nous touchent tous.»

Discours de la Gay Freedom Day Parade 1978 : « Réveille-toi,l’Amérique ! Plus de racisme, plus de sexisme, plus d’âgisme,plus de haine... Nous ne serons plus harcelés, nous ne nous cacherons plus... C’est terminé ! »

Témoignages

Cleve Jones
« Harvey a fait cet enregistrement de son testament en 1977 pour qu’on l’écoute au cas où il serait assassiné. Je l’ai taquiné à ce sujet, mais il avait prévu clairement ce qui allait se passer. « Quand je me trouvais au cœur de cette immense mer de bougies à Civic Center Plaza le soir où Harvey a été tué, je me suis fait la promesse que je ferais tout ce que je pourrais pendant le reste de ma vie pour qu’on se souvienne de son nom. « J’aimerais que les gens sachent qu’Harvey était un homme ordinaire.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 2 534 entrées
  • 1er jour IDF : 13 749 entrées
  • 1ère semaine IDF : 106 699 entrées
  • Cumul IDF : 261 865 entrées

  • 1ère semaine France : 235 246 entrées
  • Cumul France : 641 866 entrées