Comment êtes-vous arrivée sur le projet ? En quoi vous a-t-il attirée ?
Avant même de découvrir le roman d’
Anna Gavalda, j’ai été séduite par la rencontre avec Zabou. Ce n’est qu’ensuite que j’ai lu le scénario. J’ai aimé la façon dont Pierre et Chloé évoluaient et sortaient changés de leurs histoires d’amour pourtant vécues à une période différente de leur vie.
Pouvez-vous présenter Chloé ?
Comme le disait Jean Gabin, j’ai du mal avec mes mots,je préfère ceux des autres. D’ailleurs,j’ai été émue par ceux de Chloé.Pour tous mes rôles,j’éprouve une empathie à la lecture du scénario pour le personnage, puis je laisse parler l’instinct et l’entière confiance que j’ai dans le réalisateur et l’équipe.Je me projette dans le regard de mon partenaire.Chloé est une femme brisée,mais encore capable de se rebiffer contre son beau-père qui l’effraie et la rebute.C’est pourtant lui qui va la bouleverser et lui donner la force de passer à autre chose.
Chloé est maman,j’ai assisté aux essais de plusieurs petites filles.Un jour,la petite qui joue dans le film est arrivée et j’ai su qu’avec elle je pourrais me sentir maman. Immédiatement,j’ai été catapultée ailleurs.C’est une des clefs qui m’ont permis de trouver Chloé.
Comment avez-vous travaillé avec Zabou ?
Nous avons commencé par des lectures et Zabou m’a donné des éléments pour « faire descendre la douleur », comme elle dit. Il fallait que je ralentisse mon rythme de parole pour faire exister la douleur, en évitant le pathos. Zabou est une espèce de Fée Clochette. Juste avant les prises, en un mot ou deux, un regard, c’est comme si elle vous enrobait d’une poussière d’étoiles,elle sait vous mener vers cette sorte de transe cotonneuse que l’on éprouve en jouant. Ça devient difficile de prendre du recul avec ce que l’on vit - d’autant plus que l’on est dans une sorte de huis clos.Jouer,c’est s’oublier.Je savais juste que je devais regarder Daniel et tout oublier pour sortir de moi-même. J’ai approché Chloé de façon complètement instinctive.Le chef opérateur
Michel Amathieu a un don pour vous envelopper avec la lumière juste.L’équipe était heureuse d’être là et attentionnée. Tout cela vous emporte.
En lisant le scénario, attendiez-vous certaines scènes avec impatience ? En redoutiez-vous d’autres ?
Vis-à-vis de chaque scène,j’éprouvais de la peur,une tension - une bonne tension que Zabou savait maintenir dans un sens positif. Jouer avec Daniel m’impressionnait,mais il est si généreux qu’on sent le plaisir qu’il prend à jouer et qu’il partage.
Cette histoire vous a-t-elle fait penser à des gens que vous connaissez ?
Le côté dramatique du sujet vous a-t-il fait réfléchir à la vie en général ? De façon instinctive, je me donne totalement à mon rôle - sinon, jouer ne sert à rien ! Alors,oui,de façon intime,j’ai revisité des choses de ma vie,mais ça m’est personnel...
Savez-vous aujourd’hui ce que représente ce rôle pour vous en tant que comédienne ? Vous reste-t-il un moment particulier ?
C’est un rôle très dense, concentré sur cet unique face-à-face. Tout ce que je sais aujourd’hui, c’est que c’est un tournage que j’ai vécu très fort.Chaque jour, les images s’accumulaient.Avoir marché dans les pas de Chloé m’a changée et fait grandir.Mais ce n’est pas fini,je ne sais pas encore quelle résonance elle aura en moi plus tard.