Qu’est-ce qui vous a donné envie d’acquérir les droits du livre d’Anna Gavalda ?
Ce roman m’a énormément touché. Il me semblait impossible de ne pas s’identifier à l’un des personnages. À travers trois points de vue, trois axes complètement différents, Pierre, Mathilde, Chloé, il ne fait que parler d’amour. J’ai découvert Je l’aimaisil y a bien longtemps et j’ai tout de suite adoré le travail d’
Anna Gavalda. Déjà à l’époque, la surenchère sur ce livre était énorme et le modeste producteur que j’étais a dû renoncer.Je n’ai pourtant jamais cessé de penser à ce livre.Il est resté en moi.Lorsque plus d’un an plus tard,j’ai demandé où en était le projet,l’éditeur m’a répondu que comme souvent dans le cinéma, les gens s’étaient emballés mais que personne n’avait finalement donné suite,et que les droits étaient libres !
Pourquoi avoir proposé ce projet à Zabou Breitman ?
J’ai connu Zabou dans ma vie précédente, lorsque j’étais chef opérateur. J’avais gardé un très beau souvenir de cette femme intelligente, humaine et positive.J’ai beaucoup aimé les films qu’elle a tournés,et d’une certaine façon, elle aussi avait changé de vie en passant à la réalisation.Lorsque je l’ai rencontrée la première fois pour lui parler du projet, j’étais tellement enthousiaste, j’avais tellement envie que ce soit elle,que j’ai dû lui faire un peu peur ! Après avoir lu le livre, elle m’a dit qu’elle l’avait beaucoup aimé mais qu’elle avait besoin de trouver un axe à elle,sa façon d’y entrer.J’ai donc dû mettre mon enthousiasme en sourdine jusqu’à ce qu’elle m’appelle.
Quelques mois plus tard, elle m’a contacté pour me dire qu’elle avait trouvé. Beaucoup de gens pensaient qu’il était impossible d’adapter ce livre,je comprends la recherche qu’elle a dû mener. Le temps qu’il faut prendre. On ne peut pas forcément l’expliquer, mais je savais que ce serait elle :avoir une conviction et la défendre fait partie du métier de producteur.C’est à nous de réaliser les alliances, les rencontres.
La première alliance a été faite avec Zabou.C’est une artiste sensible.Elle s’est investie dans le projet sans le dénaturer mais en se l’appropriant.Par ailleurs,je suis fan du livre et j’ai établi une relation d’amitié avec
Anna Gavalda et son éditeur. Un livre est un objet fini.Il est donc très difficile pour des gens qui font partie du monde de l’édition de lire un scénario - qui n’est pas un objet fini. Pour eux, le noir sur blanc est l’achèvement d’une œuvre. Nous sommes cousins éloignés. Anna était très contente que Zabou ait donné son accord.Par la suite,Zabou a dessiné sa propre version de cette histoire, tout en en gardant l’essence.
Comment les comédiens ont-ils été choisis ?
Je suis là pour soutenir le talent et le projet de la réalisatrice. La première rencontre réussie avec Zabou en a déclenché d’autres. Ce fut un enchaînement harmonieux. Aujourd’hui, je suis heureux car je pense avoir rempli ma mission. C’est un projet qui me tient à cœur, car c’est le cœur qui m’a constamment guidé. Sur le tournage, l’ambiance était particulière, très affective, aussi bien devant que derrière la caméra.Les acteurs et les techniciens ont eu un énorme plaisir à se retrouver.
Dans votre carrière de producteur,quelle place donnez-vous à ce film ?
De tous ceux que j’ai faits, c’était le film auquel je tenais le plus. Et je suis heureux que ceux qui y participent ressentent le même attachement et le même plaisir à le présenter.