Le concept du film
Greg Marcks, le réalisateur, explique son idée :
« Pour ce film, je souhaitais offrir une vision spéciale d’un moment crucial. Je voulais essayer de voir la vie comme on ne peut jamais le faire en tant qu’être humains. Je considère les personnages de 11 : 14 un peu comme des fourmis dans une fourmilière : ils sont concentrés sur leurs propres actes et se limitent à leur seul point de vue. Le film, avec ses multiples perspectives et ses examens sous différents angles des moments clés, offre justement une vision complètent des choses. »
En écrivant son scénario,
Greg Marcks a établi le tracé exact des différentes narrations correspondant aux différents personnages, en parallèle. Il a dessiné des graphiques chronométrés des différents événements qui vont interagir. Chacun a ensuite été précisément analysé et décrit dans les moindres détails, à l’aide de croquis de situation et de notes punaisées sur ses murs.
L’univers du film
Pour le cadre de son histoire,
Greg Marcks a choisi de s’inspirer de l’endroit où il a randit : une petite ville de Nouvelle-Angleterre avec son terrain communal, une église et un cimetière, tous situés à proximité les uns des autres. Marcks était aussi intéressé par le carrefour central de la ville, et par l’idée que différents personnages pourraient s’y croiser. Il voulait aussi que les événements clés de son histoire se déroulent à différentes époques du cheminement de chaque personnage :
« Les points importants de chaque intrigue, les incidents marquants se déroulent tous à des moments décalés les uns des autres. »
Le film met également en lumière l’humour noir particulier de son auteur.
Greg Marcks raconte :
« Quand j’ai écrit le scénario, je n’ai pas vraiment voulu qu’il soit aussi noir, j’ai juste pensé qu’il était drôle à sa manière. Mais c’est ma sensibilité qui ressort : je vois le monde avec ironie. Vous savez, le type qui se fait tuer par sa machine distributrice de Pepsi en essayant de récupérer sa pièce…J’ai toujours trouvé ce genre de choses plutôt amusantes, d’une certaine façon. Mon objectif a simplement été de faire que les choses paraissent réelles. La vie a vraiment des aspects étranges… »
Les acteurs parlent du film
Hilary Swank / Buzzy
Ce qui m’a séduite, c’est le scénario qui ne ressemblait à rien de ce que je connaissais. Il était vraiment original. (…) J’ai aussi aimé le côté choral, et son ton noir, son humour décalé. Jouer Buzzy a été pour moi l’occasion de tourner un film drôle qui ne soit pas une comédie…Je n’avais encore jamais fait cela.
Rachael Leigh Cook / Cheri
Le rôle de Cheri m’a attiré par la complexité du personnage. J’ai très rapidement cessé de la considérer comme la méchante du film, elle est à mon sens davantage une incomprise. Par bien des aspects, Cheri est une adolescente typique. Cheri est frustrée par ses parents, elle ne supporte plus la petite ville dans laquelle elle vit, elle est fatalement indifférente à tout, elle ne fait plus que s’ennuyer.
Patrick Swayze / Le père de Cheri
Dans l’approche de ses personnages,
Patrick Swayze s’est concentré sur une chose : jusqu’où peut-on aller pour cacher ses émotions ? Il essaie juste de protéger sa fille. C’est tout ce qui compte. Pour ressembler davantage à un père de classe moyenne vivant en banlieue,
Patrick Swayze, danseur de formation a dû porter un « fat suit », un costume rembourré qui le fait paraître plus gros et plus lourd qu’il ne l’est en réalité.
C’est beau une ville la nuit
11 : 14 a été tourné en août et septembre 2002 dans la région de Los Angeles.
Greg Marcks, le directeur de la photo
Shane Hurlbut et la chef décoratrice
Devorah Herbert voulaient que la petite ville qui sert à l’action de 11 : 14 ressemble à n’importe quelle petite ville. Ainsi, l’histoire pourrait se dérouler n’importe où. Ils ont envisagé un moment de tourner ça en studio mais ils ont eu peur que cela ne fasse artificiel. Des repérages ont été alors organisés dans différentes bourgades de Los Angeles. Les repéreurs ont découvert des endroits parfaits…en partie seulement. Aucune des villes ne comportait tous les éléments nécessaires à la disposition voulue.
Greg Marcks et l’équipe technique ont finalement décidé de construire un cimetière près d’une église existante qui leur convenait parfaitement.
Le fait que tout se déroule la nuit constituait une difficulté originale pour le film.
Greg Marcks était déterminé : il voulait un style visuel aussi réaliste que possible, ce qui signifiait qu’il fallait éviter les tonalités bleutées associées habituellement à la nuit. Le réalisateur raconte :
« Je voulais absolument que la nuit soit ressentie, et que de vraies soient partout dans le décor. » Greg Marcks et
Shane Hurlbut ont utilisé des lampes à sodium et à vapeur de mercure pour imiter de véritables éclairages de rues. Une autre difficulté a été le fait que le film couvre seulement une demi-heure de temps réel, ce qui signifie que les mêmes moments clés et détails allaient vus et revus, selon les différentes perspectives et les points de vue. Il fallait donc une attention redoublée quant aux détails et à la continuité.