Entretien avec Coline SerreauIl y a 18 ans, 12 millions de spectateurs s'extasiaient devant un bébé, déposé dans un couffin devant la porte d'un appartement où vivaient trois célibataires…
"Je sentais en parlant avec les gens que les trois hommes faisaient un peu partie de leur famille, de leur "patrimoine". Ils voulaient avoir de leurs nouvelles; savoir ce qu'ils étaient devenus. Moi, j'attendais d'avoir un vrai sujet pour répondre à cette attente du public, je ne voulais pas seulement faire une suite. Avec 18 ANS APRES, j'ai eu envie de parler de ce moment où les adolescents quittent la maison, des bouleversements qui ce départ engendre pour tous."
Aujourd'hui, quelles réflexions vous ont donné envie d'envisager cette suite ?
"Il me paraissait important d'exprimer le naturel avec lequel vit, après 18 ans, sa paternité. La façon dont ce triumvirat devient une seule personne dès qu'il s'agit d'aimer et de protéger l'enfant. Ce lien les tient ensemble, et les relie aussi avec la mère qui a refait sa vie, même s'ils se bagarrent, même s'ils ont des vies très indépendantes. Vivre en société, c'est avoir en commun une chose à laquelle tout le monde tient et sur laquelle personne ne cèdera. C'est important pour la France en ce moment. Il y a certaines valeurs sur lesquelles il faut être d'accord, parce que, même si on est très différent, alors on peut vivre ensemble."
Les principaux protagonistes ont-ils facilement enfilé les pantoufles de leurs personnages abandonnés il y a près de 20 ans ?
"On a eu l'impression, avec André, Roland, Michel et Philippine, de s'être quittés la veille. Ce film a vraiment été écrit pour eux. On a une heure de making of très drôle. Chaque acteur a sa façon spécifique de travailler. André Dussollier transforme son angoisse en un acte artistique. Roland Giraud a un prodigieux comique naturel. Michel Boujenah a un instinct d'un grande justesse et beaucoup de détente. "
Quelle pourrait être la suite de cette suite dans 20 ans ?
"On n'attendra peut-être pas si longtemps… Je verrais bien les trois garçons en grands-pères, avec des tas de petits-enfants. L'appartement parisien, censé se vider, serait de plus en plus plein. Ce pourrait être une allégorie de la France, peuplée de râleurs, mais tellement accueillante et conviviale."
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